Sa race sera puissante..., littéralement : sera une race de héros. Le juste est encore béni sur la terre, même après sa mort, en la personne de ses descendants. C'est l'inverse de ce qui est dit du méchant Psaumes 109.9-10. L'un et l'autre psaume s'en tiennent aux signes de la bénédiction ou de la malédiction divines que l'on peut discerner sur la terre. On a eu tort de conclure de paroles telles que celles-ci que l'Ancien Testament ignore ou même nie une existence à venir (voir Psaumes 16, 17, 73). Ce qui est vrai, c'est que, avant que l'uvre du Seigneur eût changé en certitudes les espérances du croyant relatives à la vie à venir, le regard du fidèle cherchait, plus que ce n'est le cas maintenant, les témoignages de la bénédiction de l'Eternel dans la vie terrestre elle-même. Au reste, même dans ce psaume-ci, le psalmiste s'arrête peu aux bénédictions temporelles (verset 3) et insiste beaucoup plus sur ce qui fait la richesse spirituelle du fidèle (versets 4 à 9). Quant aux signes visibles de la protection divine, ils ne manquent pas plus, quoi qu'on en dise, maintenant qu'autrefois. De tout temps, il est vrai, il y a eu des Lazare manquant de tout, quoique espérant en Dieu, des impies momentanément prospères (Psaumes 37, 73) ; mais, en règle générale, celui qui craint Dieu est béni, ne fût-ce que parce qu'il trouve dans la situation, quelle qu'elle soit, où Dieu le place, plus de biens réels que le vicieux ou l'avare insatiable n'en trouve dans son abondance même.