Que ses enfants soient orphelins... Tous les traits de ce sinistre tableau se suivent logiquement. L'accusateur d'autrefois, accusé, condamné à son tour, rejeté de Dieu et des hommes, meurt au milieu de sa carrière ; sa charge passe à un autre ; sa famille, sans ressources, erre et mendie (verset 10) ; des étrangers se saisissent de tout le fruit de son travail (verset 11). La voix du psalmiste devient ici celle de la justice vengeresse, qui réclame que le salaire complet du péché soit payé au coupable. Si elle va jusqu'à demander que les enfants souffrent pour le péché du père, c'est parce qu'en leur personne ce père lui-même est encore poursuivi et châtié. Remarquons que nous ne trouvons pas ici un seul mot sur le sort du méchant au-delà de la tombe. Sans aborder ce domaine mystérieux de l'au-delà, le psalmiste demande que le péché commis sur la terre soit puni sur la terre, même après la mort du coupable, jusqu'à ce que le souvenir même de son nom soit effacé. C'est là un postulat de la justice divine posé par le deuxième commandement (Exode 20.4-6), constamment confirmé par l'expérience et que les physiologistes actuels ne cessent de mettre à leur manière en lumière, en montrant les ravages causés par les péchés des pères dans l'organisme physique et moral des enfants. Sur cette solidarité des enfants et des pères, voir Matthieu 23.31-35, où le Seigneur montre les péchés de toute une série de siècles retombant sur la génération qui, par un dernier crime, met le comble au péché de ses pères. La race entière apparaît comme formant en quelque sorte une seule personne morale devant Dieu. A côté de ce principe, l'ancienne alliance posait déjà celui qui en est le correctif, le principe de la responsabilité individuelle (Deutéronome 24.16), d'où résulte pour les enfants la possibilité d'échapper à un héritage de malédiction, en rompant avec le péché des pères (Ezéchiel 18.2,14-20, notes). Notre psaume, se plaçant exclusivement au point de vue de la rétribution, ne fait entendre que la note sévère et vengeresse.