Chapitre 14. Les adieux de Jésus aux siens. 1 à 11
Le repas de Béthanie.
Voir, sur cette introduction à l'histoire de la Passion, Matthieu 26.1-5, notes ; Luc 22.1-6.
Grec : la Pâque et les pains sans levain, deux termes pour exprimer la même chose, c'est-àdire la plus grande fête religieuse des Juifs, célébrée en mémoire de leur délivrance de la captivité égyptienne.
Matthieu ne la désigne que par le mot de Pâque dont le sens, en hébreu, rappelait aux Israélites que l'ange exterminateur passa devant leur porte, teinte du sang d'un agneau, dans la nuit terrible du dernier jugement de Dieu sur l'Egypte.
Marc joint à ce mot celui de les pains sans levain, qui était aussi devenu une appellation usuelle de la fête, parce qu'on ne faisait usage que de ces pains pendant les sept jours que durait la fête, du 14 au 21 nisan. (Exode 12.15-20 ; Lévitique 23.5,6)
- Dans Matthieu, c'est Jésus qui annonce solennellement à ses disciples l'approche de cette Pâque, où "le fils de l'homme est livré pour être crucifié," tandis que Marc et Luc se bornent à constater que ce moment tragique était proche.
Il n'y a pas de doute que la relation de Matthieu ne soit conforme aux faits. Il convenait à "l'Agneau de Dieu qui ôte les péchés du monde" de dire clairement aux siens qu'il allait au-devant de ses souffrances et de sa mort, avec une parfaite connaissance de tout ce qui l'attendait, et, par conséquent, avec la pleine liberté et le saint dévouement de l'amour.
C'est à ce point de vue que l'histoire de la Passion nous apparaît dans toute sa vérité et sa grandeur divines. Aussi voudrait-on inscrire en tête des pages qui suivent ces paroles de l'Eternel : "Déchausse les souliers de tes pieds, car le lieu où tu es arrêté est une terre sainte." (Exode 3.5)
Ce car, que le texte reçu remplace par un mais, explique pourquoi les sacrificateurs et les scribes devaient chercher comment ils pourraient le saisir, et pourquoi ils devaient y mettre de la ruse : c'est qu'ils craignaient que, si leur dessein s'exécutait pendant la fête, il n'y eût du tumulte parmi le peuple, dans lequel Jésus avait des adhérents en grand nombre.
Ils voulaient donc que ce fût avant ou après la fête ; mais leurs desseins aveugles furent confondus par Dieu qui voulait substituer la Pâque chrétienne à la Pâque des Hébreux. Il se servit pour cela de l'instrument le plus indigne, Judas Iscariot. (verset 10)