Résultat du jugement
De devant l'Eternel : du pays d'Eden, où l'Eternel se révélait.
Nod. Ce nom, inconnu en géographie, signifie bannissement ; il appartient à la même racine que le mot nad, fugitif (versets 12 et 14) ; il désigne donc la terre d'exil.
Les familles descendues d'Adam (4.17 à 5.32)
L'histoire de ces deux familles nous est donnée sous la forme de généalogies dans lesquelles sont insérées quelques notices biographiques.
Les généalogies, sont pour ainsi dire la charpente de la Genèse. Dans l'histoire des temps primitifs (Genèse chapitres 1 à 11), elles sont le lien vivant qui rattache les grandes périodes les unes aux autres : le déluge est rattaché à la création et à la chute par les généalogies des chapitres 4 et 5, l'histoire d'Abraham au déluge par celles des chapitres 10 et 11.
Un trait caractéristique, c'est qu'à chaque fois l'auteur commence par la généalogie de la race qui est éliminée de l'histoire du royaume de Dieu, pour s'arrêter à la race élue ; la généalogie des Caïnites précède celle des Séthites (chapitres 4 et 5) ; celles des Japhéthites et des Chamites précèdent celles des Sémites (chapitres 10 à 11). De même plus tard celle d'Ismaël précède l'histoire d'Isaac (25.12-18) et celle d'Esaü l'histoire de Jacob (chapitre 36).
Les deux généalogies des chapitres 4 et 5 présentent des différences de style qui font supposer qu'elles appartiennent à deux auteurs différents ; la première est la continuation du récit jéhoviste, qui a commencé 2.5 et se prolonge jusqu'au chapitre 4 ; la seconde (chapitre 5) provient de la même source que le chapitre (élohiste).
Tandis que l'auteur jéhoviste énumère les noms des patriarches en rattachant ici et là à l'un d'entre eux un fait historique, l'auteur élohiste rapporte sous une forme monotone et stéréotypée l'âge où chaque patriarche eut son premier fils, le temps qu'il vécut après la naissance de ce fils et la somme totale des années de sa vie. Le genre du jéhoviste est plus anecdotique, celui de l'élohiste plus officiel. Mais ce qui étonne dans ces deux généalogies, c'est la ressemblance de plusieurs noms qui paraissent dans toutes les deux. Voici les deux séries en face l'une de l'autre :
Adam
seth
Adam(homme)
Enosh(homme)
Caïn
Kénan
Hénoc
Mahaléel
Irad
Jéred
Méhujaël
Hénoc
Méthusaël
Méthusélah
Lémec
Lémec
Noé
Jabal, Jubal, Tubal-Caïn
Sem, Cham, Japheth
On voit que d'un côté il y a sept générations, de l'autre dix, et que le dernier membre de chacune des deux séries se ramifie en trois. Il est fort possible que ces chiffres si usités, dix, sept, trois, ne soient pas accidentels et aient pour but de faciliter la mémorisation. Comparez les trois séries de quatorze générations dans la généalogie de Matthieu 1.1-17.
Dans ce cas, les généalogies n'auraient pas la prétention d'être complètes. Quant à la ressemblance des noms, bon nombre de critiques en ont conclu que, dans la tradition primitive, il n'existait qu'une seule généalogie des descendants d'Adam. Cette généalogie primitive, transmise de génération en génération, se serait modifiée en passant de bouche en bouche et aurait fini par exister sous deux formes, dont l'une aurait été rédigée par l'auteur jéhoviste, l'autre par l'auteur élohiste. Le rédacteur de la Genèse les aurait reproduites toutes les deux sans se douter de leur communauté d'origine. L'exégèse de détail nous montrera si cette supposition est admissible.