Mystère plus grand que tout ce qui précède ! Ce n'est plus Jacob qui prie, c'est son adversaire lui-même. Il ne peut en quelque sorte se dégager des bras de ce suppliant désespéré, auquel il s'est lui-même livré en s'approchant de lui comme il l'a fait.
Jacob use du pouvoir qui lui a été accordé de serrer dans ses bras un pareil être, et prononce cette parole, qui serait le comble de la folie de la part d'un homme, si elle n'était le suprême héroïsme de la foi : Je ne te laisserai point aller !
Ce moment rappelle celui où dans le récit évangélique, la femme cananéenne, s'agenouillant aux pieds de Jésus, lui barre le chemin en lui disant en quelque sorte : Passe sur moi, ou exauce-moi !
Que tu ne m'aies béni.- Voilà ce qu'il lui faut désormais, pour cette journée en particulier ; c'est de cette bénédiction que tout dépend. Il le comprend maintenant. Cela montre le changement radical qui vient de se produire en lui.