Le jour commence à luire ; cette lutte doit finir ; Jacob doit aller au-devant de son sort. A ce moment, l'inconnu frappe un coup décisif, tellement que Jacob ne peut plus se soutenir sur ses pieds et qu'il est obligé, pour ne pas tomber, de se jeter au cou de son adversaire en faisant de la force de celui-ci la sienne.
C'est le moment où la résistance morale de Jacob est brisée, où, par une manifestation irrésistible de sa sainteté, Dieu anéantit en lui tout espoir de défendre sa cause, et où il ne lui reste pins qu'à se jeter à discrétion entre les bras de Celui avec lequel il a opiniâtrement lutté. C'est ici le moment signalé par le prophète Osée quand, rappelant cette lutte mystérieuse (12.4-5), il dit du patriarche :
Il eut le dessus en pleurant et demandant grâce.
Jacob passe condamnation, se reconnaît indigne de la délivrance dont il a besoin pour ce jour même, mais par un appel désespéré, à la miséricorde de son Dieu, il n'en réclame pas moins pardon et salut.