Tu mangeras les plantes des champs. Il s'agit des légumes et des céréales, pour la production desquels un travail servile sera nécessaire, une fois que la malédiction a été prononcée sur le sol. Comparez Romains 8.19-22.
On a vu dans ce verset une contradiction avec 1.29, passage d'après lequel l'homme devait naturellement se nourrir de légumes et de céréales aussi bien que de fruits, tandis qu'ici l'usage de ces aliments est présenté comme une punition en remplacement des fruits. Mais la malédiction divine renfermée dans notre verset, en privant l'homme des arbres du paradis, le réduit pour un temps à se nourrir exclusivement de légumes et de céréales (Comparez 2.5) ; ce qui est pour lui un châtiment.
A la sueur de ton visage. L'obligation du travail n'était pas nouvelle pour l'homme (2.15) ; ce qui est nouveau, c'est son caractère fatigant.
Cette aggravation correspond à celle des souffrances de la maternité chez la femme. C'est d'ici que saint Paul a tiré la conséquence formulée 2Thessaloniciens 3.10
Jusqu'à ce que tu retournes... Ces mots sont la transition de la première à la seconde punition, la mort.
Parce que c'est d'elle que tu as été tiré. La mort est motivée ici par le principe de dissolution inhérent à un corps tiré de la poussière. Elle n'en est pas moins une punition, car l'homme aurait pu être élevé au-dessus de cette loi naturelle par une transformation qu'aurait subie son corps et qui l'aurait fait entrer, sans avoir connu le déchirement de la mort, dans la sphère de l'incorruptibilité ; c'est ainsi que les croyants qui vivront au retour de Christ seront transmués, sans avoir passé par la dissolution (1Corinthiens 15.50) et suivants. Au lieu de cela, Dieu le livre à la loi naturelle de la dissolution : il s'est soustrait à la volonté de Dieu par la désobéissance, et par là séparé de lui : il ne lui reste plus qu'à subir la conséquence de la misère inhérente à sa nature.
Le terme de mort ne s'applique ici qu'au corps, en tant que tiré de la poussière, non à l'âme, souffle de Dieu. Ce serait donc exagérer la portée de la sentence que d'y voir la condamnation de l'âme à la mort éternelle c'est encore ici la miséricorde qui châtie ; ses châtiments sont destinés à se transformer en grâces. Si la devise de l'homme innocent était : de vie en vie, la loi qui régit désormais l'homme coupable et la nature qui l'environne, peut se formuler ainsi : par la mort à la vie. Le second Adam lui-même a accepté cette loi (Jean 12.21).