Péleg, de palag, partager. Le motif de ce nom est indiqué dans les mots suivants.
La terre était partagée. Cette traduction rend seule le vrai sens du temps hébreu ; la traduction habituelle : fut partagée, est inexacte. Péleg ne représente donc pas le moment où la dispersion eut lieu et où chaque peuple se dirigea vers le territoire qu'il occupa plus tard, mais bien celui où la répartition des peuples dans le monde alors connu était un fait accompli. Ce qui confirme ce sens, c'est qu'après les descendants de Joktan, frère de Péleg, aucune ramification de l'humanité n'est plus indiquée.
Joktan est le même personnage que Kahtan, qui, dans les généalogies arabes, désigne l'ancêtre des Arabes proprement dits, par opposition aux habitants primitifs du pays, qui étaient probablement cuschites (comparez verset 7), et aux Ismaélites du Nord. Le fait que les Joktanides, en arrivant en Arabie, y trouvèrent des Cuschites déjà établis, prouve évidemment que la dispersion des peuples racontée au chapitre 9 (tour de Babel) avait précédé de beaucoup l'époque de Péleg et de Joktan. Le nom de Kahtan désigne encore aujourd'hui une contrée de la partie septentrionale du Yémen.