Voir. Matthieu 24.36, note.
Il faut remarquer cette progression : les anges, le Fils, le Père.
Dans ce nom : le Fils, il faut voir un abrégé de "Fils de Dieu," et non du titre "le fils de l'homme" que Jésus se donne fréquemment.
D'autant plus frappante est cette déclaration si catégorique par laquelle Jésus, limitant en lui la toute-science divine, se refuse la connaissance du jour et de l'heure de son dernier avènement.
Cette déclaration n'a rien d'étonnant pour ceux qui prennent au sérieux l'incarnation du Fils de Dieu et son humanité. (Jean 1.14 ; Philippiens 2.8 ; Hébreux 2.17 ; 5.8 ; Luc 2.52)
Serait-il véritablement homme, notre frère, s'il n'avait pas renoncé à la pleine possession des perfections divines pendant le temps de son abaissement sur la terre ? Lui qui priait en toute occasion, ne s'est il pas montré à nous dans cette entière dépendance de son Père, de qui il attendait et recevait toutes choses, à chaque instant ? (Jean 5.19,20,30 ; 8.28)
Et pourtant, depuis l'époque des Pères jusqu'à nos jours, surtout depuis les vives controverses suscitées par l'arianisme, on a fait les tentatives les plus diverses pour échapper au sens simple et clair de cette parole du Sauveur. C'est selon son humanité, a-t-on dit, qu'il ignorait l'heure de sa venue, mais non dans sa divinité ; et l'on ne voit pas que, tout en admettant ce dualisme nestorien dans sa personne, on lui fait prononcer une parole qui ne serait plus vraie.
Il ignorait le jour de son retour pour ses disciples, a-ton dit encore, parce que Dieu ne lui avait pas donné la mission de le leur révéler, ou parce que lui-même ne voulait pas devancer les temps, dans les développements futurs de son règne. Efforts inutiles ! Il suffit de remarquer que cette déclaration de Jésus, dans le passage parallèle de Matthieu (le Père seul), présente exactement le même sens que celle de notre évangile, dût-on admettre que la variante : ni le Fils y fût inauthentique. (Comparer encore Actes 1.7)