Avec lui. Ici et au verset 8, nous hasardons cette locution, qui nous parait seule rendre l'idée du texte hébreu.
Si ce n'est des aliments qu'il prenait. Ou bien il indiquait lui-même les mets qu'il désirait, ou bien il veillait lui-même à la préparation des aliments, qu'il ne pouvait confier à un étranger, parce qu'elle était compliquée en Egypte de nombreuses prescriptions rituelles.
6 à 20 Joseph vainqueur de la tentation
On avait souvent mis en doute la vérité de ce récit, en prétendant qu'il n'était point d'accord avec les mœurs égyptiennes, et que jamais un serviteur ne pénétrait dans le harem où les femmes étaient enfermées. On en concluait que toute cette histoire avait été inventée par un Israélite qui ignorait les usages du pays. Or les découvertes faites récemment en Egypte ont démontré le caractère parfaitement égyptien de ce récit. Les femmes jouissaient alors d'une indépendance qu'elles ont perdue plus tard. On voit, dans les peintures des monuments, des femmes assises à côté des hommes, ou prenant part avec eux à des festins, ou sortant accompagnées de leurs serviteurs. Joseph pouvait donc rencontrer chaque jour la femme de Potiphar dans la maison de son maître.
On a retrouvé un conte égyptien (manuscrit d'Orbiney), le Roman des deux frères, qui date du temps de l'Exode et qui renferme une histoire tout à fait analogue à celle de Joseph. Une femme cherche à séduire le frère cadet de son mari, employé comme serviteur dans la maison. Les paroles qu'ils échangent sont presque identiques à celles que rapporte la Genèse. Ce n'est sans doute qu'une œuvre d'imagination, mais ce récit fictif, en faisant connaître les mœurs du temps, prouve que l'aventure de Joseph est très vraisemblable.