Le grand nerf : le nerf sciatique (nervus ischiadicus). Ce nerf, le plus gros et le plus long de tout le corps, part de la colonne vertébrale et va jusqu'à la cheville du pied en passant par l'emboîture de la hanche, où il est particulièrement gros. On comprend qu'en paralysant ce nerf, l'adversaire de Jacob l'ait réduit à l'impuissance.
La coutume ici mentionnée n'est rappelée nulle part dans la loi, et pourtant elle a été observée dans tous les temps au sein du peuple juif. Le Talmud en fait même une prescription à laquelle les Juifs d'aujourd'hui se conforment encore.
Cette lutte avec Dieu est le moment le plus important de la vie de Jacob. Abraham, Isaac et Jacob ont eu chacun dans leur vie un moment décisif, où le trait essentiel de leur nature, celui qui leur donnait à chacun son caractère respectif, s'est affirmé dans toute sa force.
Ce moment a été pour Abraham celui où il a sacrifié son fils sur Morija (chapitre 12), couronnant ainsi par un acte de foi sublime une vie toute de foi soumise et obéissante.
Pour Isaac, ce moment caractéristique est, marqué par la triste scène de la bénédiction de ses fils (chapitre 27). Nature faible, dépourvue de toute énergie, et n'appréciant rien tant que le bien-être matériel, tel nous apparaît Isaac dans cette histoire, comme dans tout ce qui nous est connu de lui.
Jacob enfin se montre à nous dans la scène de Péniel comme une nature complexe, qui a dû passer par une crise profonde pour arriver à la vraie foi. Jusqu'au moment où il est brisé à Péniel, il a foi aux promesses divines, mais il s'imagine qu'il doit se les approprier par tous les moyens, même les moins louables, qui sont en son pouvoir. Mais dès le moment où, dans cette lutte mémorable, Dieu l'a réduit à l'impuissance, il comprend que la foi consiste non seulement à croire aux promesses, mais aussi à en attendre de Dieu seul la réalisation.