Joseph. Encore ici, double allusion : asaph (a ôté), verset 23 et joseph (qu'il ajoute), verset 24.
L'Eternel. Il est étonnant de trouver les mots Elohim et Jéhova simultanément dans la bouche de Rachel. Il est possible que l'une des interprétations du nom de Joseph soit tirée du récit élohiste, et l'autre, du récit jéhoviste.
Dans toutes ces étymologies, remarquons que les termes dont se servent les mères au moment de la naissance de leurs fils, et qui ont donné lieu à leurs noms, sont en général des expressions très rares, dont plusieurs ne se retrouvent nulle part dans le texte de l'Ancien Testament.
C'étaient donc probablement des expressions appartenant à un langage très ancien, et que la tradition avait scrupuleusement conservées, en explication des noms des pères des douze tribus. Peut-être la tradition variait-elle parfois dans l'interprétation des noms, ce qui explique ces doubles allusions que nous trouvons par exemple dans les noms d'Issacar, de Zabulon et de Joseph.
Après deux générations (Isaac et Jacob), qui formaient un contraste frappant avec la promesse d'une nombreuse postérité, la famille patriarcale commence enfin à se développer d'une manière conforme à ces promesses. Onze fils naissent à Jacob dans l'espace de sept ans, car le verset 25 nous montre que la fin des sept ans de service de Jacob correspond avec la naissance de Joseph, le onzième fils.
Ce qui paraît plus étonnant encore, c'est que, dans cet espace de temps si restreint, Léa, à qui sont attribués six fils, ait eu une période de stérilité. La chose n'est pourtant pas absolument invraisemblable. Il est évident en effet que ces naissances ne sont pas toutes successives, et que l'auteur a énuméré les enfants des quatre femmes de Jacob en prenant les groupes dans l'ordre où chacune d'elles a commencé à avoir des enfants. Des données qui précèdent, nous tirons le tableau suivant qui en établit l'accord.