C'est l'amour du gain qui inspire à Laban cette supercherie ; il sait que, par affection pour Rachel, Jacob consentira à demeurer encore sept ans chez lui.
Il lui est facile de donner le change à Jacob, car la fiancée était amenée voilée dans la chambre nuptiale, qui elle-même n'était pas éclairée. Comparez 24.65.
Selon la coutume orientale, Léa et Rachel n'ont pas un mot à dire et sont complètement livrées à la volonté de leur père.
Jacob moissonne ce qu'il a semé, et la tromperie dont il est victime correspond trait pour trait à celle dont il a usé envers son père. Profitant de l'obscurité dans laquelle la cécité plongeait son père et se déguisant sous un vêtement d'emprunt, il s'était mis, lui, le fils dédaigné, à la place du préféré. Aujourd'hui, grâce à l'obscurité de la nuit et au voile que porte Léa, Laban lui donne comme femme l'aînée, qu'il dédaigne, à la place de la cadette, qu'il aime. Jacob a beau être l'héritier des promesses de Dieu, il n'échappe point à la juste punition de son péché.