On ne peut qu'admirer l'élévation morale dont fait preuve Abimélek, qui pourtant est un païen.
La ressemblance de ce récit avec ceux des chapitres 12 et 20 a conduit certains commentateurs à supposer que cette tradition d'un subterfuge coupable, employé par un patriarche pour échapper à la mort, avait été reproduite ici pour la troisième fois, après l'avoir été déjà deux fois dans le récit de la vie d'Abraham. Nous aurions ainsi trois recensions diverses d'un seuil et même fait.
Nous avons déjà vu ce qui empêche d'identifier dans le cas d'Abraham la scène chez Pharaon avec celle chez Abimélek (20.8, note). Nous en dirons autant pour notre récit. Les différences sont manifestes : Rébecca n'est point conduite dans le palais du roi ; elle est exposée à être prise en mariage non par Abimélek lui-même, mais par ses sujets ; Abraham reçoit des présents considérables, qui ne sont point offerts à Isaac ; et enfin il n'est pas question dans l'histoire d'Abraham de l'édit de mort qu'Abimélek rend contre quiconque touchera Isaac et sa femme. Nous en concluons que notre récit est bien authentique et qu'Isaac a eu recours à son tour à la même ruse que son père dans des circonstances analogues.