22.1 à 19 Sacrifice d'Isaac
C'est ici le point culminant de la vie d'Abraham. Cette vie avait été une alternative constante de grâces et de sacrifices. Le sacrifice, dans cette dernière scène, s'élève tellement haut qu'il surpasse tous ceux qui ont jamais été accomplis par l'homme et qu'il devient même une image anticipée de celui de Dieu envers l'humanité. Après cela, au plus grand des sacrifices succède la plus grande des grâces. Toutes les promesses faites au patriarche sont réunies une dernière fois dans la bénédiction que Dieu prononce sur l'acte qu'il vient d'accomplir, et l'Eternel y appose même le sceau du serment. Après un tel sacrifice et une telle grâce, le reste de la vie du père des croyants, semblable à un fleuve tranquille, s'écoule en paix vers l'éternité.
1-2 L'ordre divin
Après ces choses. Voir à 15.1. Le temps écoulé depuis qu'Isaac avait été sevré (chapitre 21) doit avoir été assez long, puisqu'Isaac était devenu un jeune homme capable de porter un fardeau (verset 6).
Mit à l'épreuve. Le verbe que nous traduisons ainsi est celui qui est habituellement traduit par tenter. Tenter, c'est mettre à l'épreuve la force morale, soit afin de faire pécher, (c'est ainsi que tente Satan, et c'est à ce genre d'épreuves qu'est ordinairement appliqué le terme tenter), soit pour exercer cette force et l'accroître par une lutte victorieuse ; c'est ainsi qu'éprouve Dieu.
Il arrive pourtant aussi que Dieu tente de la première manière, et cela par le moyen de Satan, quand il veut humilier un cœur orgueilleux et briser sa confiance en lui-même. C'est ainsi que Dieu tente David (2Samuel 24.1), par l'intermédiaire de Satan (1Chroniques 21.1).
Ici, c'est un cas semblable à l'épreuve dispensée à Job : Dieu veut couronner la vie d'Abraham par un acte d'obéissance qui soit le fruit le plus glorieux de sa foi et qui en démontre, malgré toutes les fautes commises par lui, la pleine réalité.
Et il lui dit : Abraham ! C'était sans doute durant la nuit, car Abraham se lève ensuite de bon matin pour exécuter l'ordre de Dieu. Abraham connaît cette voix : c'est celle qui l'a appelé en Mésopotamie, qui lui a dit plus tard : Je suis ton bouclier ; c'est celle enfin qui lui a promis son Isaac ; c'est la voix de son berger, la brebis la reconnaît. Sans cette connaissance certaine, l'obéissance à l'ordre qui va suivre ne serait que du fanatisme.
Et il répondit : Me voici ; comme le serviteur prêt à accomplir la volonté de son maître.