La mention de la création des animaux est en relation évidente avec le récit de la création de la femme, qu'elle prépare. Le rédacteur ne peut avoir voulu dire que Dieu a créé les animaux après l'homme, car il se mettrait en contradiction flagrante avec le chapitre 1, qu'il a posé à la base de tout son récit.
Comme nous constatons par ce qui précède et par tout ce qui suit que, pour éviter les répétitions, il supprime fréquemment certaines parties de ses documents, nous pouvons admettre qu'il ne relève la création des animaux qu'en vue du récit qui va suivre, et que par conséquent elle n'est pas nécessairement ici à sa place chronologique.
Ce qui confirme cette idée, c'est qu'il ne parle pas de tous les animaux, mais seulement de ceux qui joueront un rôle dans le fait suivant, à savoir ceux des champs et des airs.
Nous devons donc admettre que dans sa pensée, et rien n'est plus conforme au mode de narration sémitique, le sens du verset 19 est celui-ci : Et tous les animaux des champs... que l'Eternel Dieu avait formés, il les fit venir vers l'homme.
Les fit venir vers l'homme. Il ne ressort pas de ces mots qu'ils habitassent dans le paradis, et leur nom d'animaux des champs ne permet même pas de le supposer. Dieu pouvait les faire venir de la contrée environnante.
Pour voir comment il les appellerait. Le but de Dieu en faisant passer devant Adam les animaux était d'éveiller en lui le sentiment de son isolement, afin que l'aide qui allait lui être accordée, commençât par être l'objet de son désir.
En voyant passer devant lui tous ces êtres aux formes diverses, aux allures variées, il devait. exprimer par un nom la nature de chacun d'eux, et par là les caractériser comme étrangers à sa propre nature ; le résultat de cet examen devait donc être la conscience de son isolement complet au milieu du monde animal.
On a cru souvent, que ce moment était celui de l'origine du langage. Mais ce ne peut être là le sens de ce récit, intercalé, comme il l'est, dans celui de la création de la femme ; puis il semble bien que l'auteur se représente l'homme comme initié au langage dès les premiers moments de son apparition sur la terre ; comparez versets 16 et 17.
Ce fût son nom. C'est ici comme un acte de souveraineté qu'exerce Adam : le nom donné demeurera, et chaque animal sera d'une manière permanente pour l'homme ce qu'exprime son nom, tout comme le jour et la nuit, les cieux, la terre et la mer devaient demeurer tels que Dieu les avait établis en leur donnant un nom.