Les craintes d'Abraham se dissipent à l'ouïe de cette parole. Il saisit la promesse, si incroyable qu'elle paraisse en raison de sa grandeur même, avec une foi entière ; et cet acte de foi, par lequel il s'abandonne complètement entre les mains de Dieu, est estimé par Dieu à la valeur d'une vie d'obéissance parfaite. C'est le moment décisif où Abraham entre vis-à-vis de Dieu dans la position d'un juste, d'un homme sans péché.
A quelle source l'auteur a-t-il puisé la connaissance d'un fait qui porte sur ce qu'il y a de plus intime dans la relation entre Dieu et Abraham, bien plus, entre Dieu et l'homme en général ? Car cette parole est devenue la formule permanente de l'acte d'entrée dans l'état de salut, de la justification, non seulement dans l'ancienne, mais dans la nouvelle alliance (Romains 4.3 ; Galates 3.6). Y a-t-il ici une révélation de Dieu à l'auteur de ce récit, ou bien ce fait intime, dont l'Esprit de Dieu a rendu témoignage à l'esprit d'Abraham, a-t-il été transmis par ce dernier à ses descendants ? En tout cas aucun historien n'eût introduit de son chef dans le récit une pareille remarque.