Et Dieu créa. Le mot créer revient ici pour la troisième fois. Il avait été employé d'abord pour désigner la création de la matière (verset 1), puis celle de la vie (verset 24) ; il est répété ici pour désigner l'origine de la liberté. L'apparition de l'être, l'apparition de l'être vivant et l'apparition de l'être vivant et libre, sont en effet les trois stages marquants dans le développement du monde, les trois commencements complètement nouveaux, dont les deux derniers rompent radicalement avec l'évolution antérieure, et qui exigent une communication nouvelle provenant d'une source supérieure (l'Esprit divin, verset 2).
Le mot créa est employé trois fois dans ce seul verset, parce que c'est ici la communication suprême venant d'en-haut. La première fois le verbe est à l'imparfait (hébreu), créa ; les deux autres fois il est au parfait, a créé, pour indiquer que l'état ainsi inauguré demeure.
Les trois propositions ont la solennité du rythme poétique. On peut supposer que c'est ici une réflexion de l'auteur sur la gravité du fait raconté : Oui, il l'a créé... On sent en tous cas, par la répétition, que l'auteur est ému de la grandeur du fait qu'il exprime : Voilà enfin l'être capable de représenter l'auteur invisible de toute cette œuvre, de connaître sa pensée et de réaliser sa volonté !
Dans la première proposition, le mot saillant est créa ; dans la seconde, c'est le régime : à l'image de Dieu ; dans la troisième, l'auteur fait ressortir la distinction des sexes.
Nous voyons par cette dernière proposition que la femme est créée à l'image de Dieu aussi bien que l'homme ; c'est sans doute grâce à cette idée que la femme occupait en Israël une position beaucoup plus élevée que chez les peuples voisins. Dans toute la Bible, la mère est considérée comme devant être respectée par les enfants à l'égal du père. Comparez Exode 20.12 ; Lévitique 19.3.
L'auteur fait ressortir la distinction des sexes, non en ce sens que le premier homme les aurait réunis tous deux en sa personne et qu'ils n'auraient été séparés que plus tard, comme on se l'est souvent figuré, mais comme ayant existé dès l'abord dans deux personnalités distinctes, car il dit : Il lescréa, et non illecréa. Voir à 2.18 et suivants.
Cette expression, du reste, comme le passage tout entier, suppose la création d'un seul couple ; c'est de ce fait que Jésus tire la loi de la monogamie (Matthieu 19.4 ) et saint Paul l'idée de l'unité physique et spirituelle de la race humaine (Actes 17.26 ). Sur l'unité et l'origine de l'humanité, voir à 2.7.