Les petites grenouilles, appelées grenouilles du Nil, et dont le nom égyptien est pareil au nom hébreu employé ici, sortent ordinairement du fleuve au moment où l'inondation commence à diminuer. La production de ces grenouilles est si considérable que les anciens les croyaient produites par le limon même du fleuve. A l'ordinaire, les ibis les mangent promptement et préservent ainsi le pays du fléau décrit dans l'Exode.
Mais, dans le cas actuel. il n'est pas nécessaire d'attribuer l'apparition des grenouilles au débordement. Elle peut en être complètement indépendante. On a observé des fléaux semblables dans d'autres pays qui n'offrent aucun phénomène analogue au débordement du Nil ; Varron parle d'une ville de la Gaule, et Justin d'une ville de Thrace, qui furent tellement envahies par les grenouilles que les habitants durent les abandonner.
Il est possible que le fléau fût en relation avec l'altération de l'eau du Nil, en ce sens qu'en se corrompant elle avait fait sortir en masse les grenouilles des marais, des étangs, des canaux et du lit même du fleuve. Le court intervalle d'une semaine qui sépara cette plaie de la précédente conduit à établir une relation entre l'une et l'autre. Cette plaie est rappelée ainsi que plusieurs autres, Psaumes 78.44-51 ; 105.26-36
On a fait observer que les Egyptiens adoraient une déesse Héki qu'on représentait avec une tête de grenouille et qui était censée délivrer l'Egypte de cet animal. Cette plaie ferait éclater son impuissance.