Cette double métamorphose du bâton en serpent et du serpent en bâton a quelque chose de particulièrement étrange, et diffère des plaies d'Egypte qui sont toutes en relation avec quelque fait naturel. Mais l'étrangeté même de ce miracle a ici son importance. De même que le buisson ardent, il se rapporte au nom que Dieu vient de révéler à Moïse (3.14). Dieu seul est ce qu'il est, d'une manière absolue ; les autres êtres n'ont pas d'essence propre et ne sont que ce que Dieu veut qu'ils soient. C'est aussi le sens de la main de Moïse tour à tour saine et lépreuse.
Mais, comme les miracles en général, ceux-ci ne sont pas de simples démonstrations arbitraires de puissance : ce sont des signes ayant une signification en rapport avec la situation donnée. Par le premier signe Dieu dit : Je puis en un clin d'œil transformer l'arme sur laquelle tu crois pouvoir t'appuyer pour ta défense et celle de ton peuple, en un moyen de destruction dans la main de l'ennemi qui s'en servira pour te faire périr toi et ton peuple ; comme aussi je puis en un clin d'œil transformer la puissance de ton ennemi en moyen de délivrance pour toi et ton peuple.