En gardant ses parures, le, peuple avait jusqu'à ce moment montré hardiment son impénitence (son cou roide).
Dès le mont Horeb. Ces mots ne signifient pas qu'il ôta les ornements dont il était encore paré depuis la fête idolâtre célébrée en Horeb mais que dès ce moment et pour un temps indéfini, jusqu'à l'entrée en Canaan peut-être, il renonça à se parer.
Horeb, nous l'avons vu, désigne non un sommet particulier, mais la contrée tout entière (voir à 17.6). Ils avaient compris qu'outre le châtiment actuel, la menace d'un jugement plus redoutable que tous les précédents planait sur leur tête (32.34) ; et la crainte les avait enfin saisis.
On doit se demander ce que devenaient les instructions données à Moïse pour la construction du Tabernacle, au cas où l'ordre de partir immédiatement du Sinaï, donné deux fois, serait maintenu. Il ne pouvait être question de se livrer en route à un tel travail. Et d'ailleurs à quoi bon ? Le sanctuaire devenait inutile. Car si Dieu ne consentait plus à habiter lui-même au milieu de son peuple, il n'avait plus besoin d'une demeure dans le camp. Il est bien évident en effet que le Tabernacle dont Dieu avait tracé le plan aux yeux de Moïse, ne pouvait convenir à l'habitation d'un simple ange. Le culte qui devait s'y célébrer et en vue duquel tout y était combiné, ne pouvait être rendu à un ange. L'adoration d'un être inférieur à Dieu était incompatible avec le monothéisme israélite. De ces considérations, il résulte que jusqu'à nouvel ordre (que je sache ce que j'ai à faire) l'exécution des instructions relatives au sanctuaire restait suspendue, que ces instructions étaient même rétractées dans le cas où Dieu maintiendrait ce message : J'enverrai un ange devant toi. C'est là ce qui explique le morceau suivant.