Le produit de cette taxe qui sera payée à chaque dénombrement sera employé au service du sanctuaire. Ce mot ne se rapporte pas, comme on l'a cru, à l'érection du Tabernacle. Les dons volontaires avaient plus que suffi pour cela (25.3 ;35.5,24). Le mot avoda : service, ici employé, se rapporte toujours (27.19 ; 28.35) à l'entretien du culte célébré dans le sanctuaire une fois construit, c'est-à-dire à la fourniture des objets nombreux réclamés par ce culte (huile, parfum, vin, bois, holocaustes quotidiens, etc.). C'est certainement en raison de cet emploi que cette ordonnance a été placée ici où il s'agit précisément de tous ces objets d'un usage journalier dans le sanctuaire de sorte qu'il n'est point nécessaire de penser que cette ordonnance ait été donnée, en même temps que tout ce qui suit et précède, sur la montagne de Sinaï ; comparez ce que nous avons dit relativement aux ordonnances 12.15-20 ; 12.43-51.
Il est fait allusion à cette ordonnance 2Chroniques 24.6-9, lorsque le roi Joas désire réparer le temple qui était resté désolé sous le règne d'Athalie. Ce fut aussi sur cette ordonnance que se fonda sans doute Néhémie après le retour de la captivité (Néhémie 10.32), lorsqu'il réclama de tous les Israélites un tiers de sicle dans le même but. Au temps de Jésus, on voit par Matthieu 17.21 que cette taxe était une redevance annuelle.
Sur le rapport entre le taux de cette capitation et la somme de l'argent remis par le peuple comme offrande volontaire, voir à 38.25 et suivants.