Demandera. Grâce à une traduction fautive de 12.35, on s'est fait une difficulté de ce passage en supposant qu'il s'agissait ici d'un emprunt, et d'un emprunt fait sans intention de restituer, ce qui a donné lieu à des critiques fâcheuses et à des apologies plus fâcheuses encore. Il n'est point ici question de demander en prêt ; car, au moment du départ des Israélites, les Egyptiens, qui les pressaient eux-mêmes de partir, entendaient bien qu'ils ne revinssent pas, et ce fut sans doute pour les faire partir plus vite qu'ils leur accordèrent les objets précieux qu'ils demandaient (12.33, 35,36).
Les femmes israélites sont autorisées ici, non à emprunter, mais à demander ce que les Arabes appellent de nos jours un bakchiche (présent). Dieu se sert de cette habitude orientale pour faire donner aux Israélites une indemnité à laquelle ils ont droit. Et même il s'agit moins ici du profit que de l'honneur, du principe. Israël ne devait pas sortir d'Egypte en fugitif, ou en payant une rançon comme un esclave qu'on affranchit (comparez Esaïe 45.13) ; il devait en sortir en vainqueur ; car l'Eternel avait combattu pour lui. Il fallait que ce fût l'Egypte qui payât l'évacuation de son territoire, et qu'en signe de victoire Israël emportât du butin. Cette intention est clairement indiquée par les derniers mots du verset :
Et ainsi vous dépouillerez l'Egypte.
Vous les mettrez sur vos fils... En Orient, de nos jours encore, les gens de la campagne conservent l'argent qu'ils gagnent en en chargeant les bras, les oreilles et le cou de leurs enfants, soit sous forme d'objets d'orfèvrerie, soit même simplement sous celle d'argent monnayé.