Dans le pectoral : dans la poche formée par le rendoublement du morceau d'étoffe dont il était formé (verset 16).
Les Urim et les Thummim. Ces deux mots signifient lumières et intégrités, par ce nom Dieu voulait faire entendre que les décisions obtenues par ce moyen seraient à la fois sages et droites, comme il est dit dans Apocalypse 16.7 : Tes jugements sont véritables et justes, parole qui semble être la paraphrase du nom Urim et Thummim. Le grand sacrificateur consultait Dieu par ce moyen dans les cas graves et douteux qui concernaient l'ensemble du peuple.
On s'est représenté de bien des manières le moyen par lequel le souverain sacrificateur obtenait la réponse divine. On a pensé que, parmi les lettres gravées sur les pierres précieuses, quelques-unes prenaient tout à coup un éclat particulier et que de leur combinaison le sacrificateur tirait la réponse ; ou bien que de la lumière qui se répandait sur tout le pectoral, il concluait à la volonté divine. Mais il paraît ressortir de 1Samuel 14.19 que l'Urim et le Thummim était non sur mais dans le pectoral. La plupart des passages font supposer que c'était une espèce de sort que tirait le souverain sacrificateur, évidemment à la suite d'une cérémonie dans laquelle le nom de Dieu était solennellement invoqué. Mais on ne peut pourtant pas penser, comme on l'a fait, à deux pierres précieuses, dont l'une aurait signifié oui, l'autre non. Car il y a des cas où Dieu ne répond pas (1Samuel 14.37 ; 28.6), et d'autres où la réponse n'est nullement affirmative ou négative, mais renferme une révélation inattendue et parfois avec des détails assez compliqués (1Samuel 10.22 ; 2Samuel 2.1 ; 21.1). Nous devons donc reconnaître notre ignorance qui était déjà celle de la tradition juive et des rabbins.
La parole Deutéronome 33.8 montre tout le prix que l'on attachait à l'emploi de ce moyen, et l'honneur qui rejaillissait sur la tribu de Lévi de ce que son emploi fût confié à l'un de ses membres. Voici les cas où l'Urim et le Thummim sont expressément désignés :
Exode 28.30 ; Lévitique 8.8 ; Nombres 27.21 ; Deutéronome 23.8 ; 1Samuel 28.6 ; Esdras 2.63 ; Néhémie 7.65
Mais il y a beaucoup de cas où l'Eternel est consulté par le sort et où il est vraisemblable que l'Urim fut employé sans être nommé. Après le temps de David nous n'avons plus dans l'Ancien Testament aucune trace de cet emploi ; probablement il tomba en désuétude avec l'apparition des prophètes. Ce moyen d'ordre inférieur pour connaître la volonté divine avait désormais fait place à un mode de révélation plus spirituel. Néanmoins Esdras 2.63 et Néhémie 7.65 (d'après la vraie traduction) prouvent qu'après l'exil on attendait un sacrificateur qui pourrait de nouveau consulter Dieu par Urim et Thummim.
L'opinion d'après laquelle cette institution aurait été une imitation d'un usage égyptien est aujourd'hui universellement rejetée. La pierre précieuse portant l'image des déesses de la vérité et de la justice qui pendait sur la poitrine du grand sacrificateur égyptien, quand il était occupé à rendre la justice, est quelque chose de tout différent du pectoral israélite.