C'est ici le seul passage où la conservation d'un certain nombre de Cananéens, après la conquête, soit attribuée à la volonté divine et ne soit pas mise sur le compte de l'infidélité d'Israël. Il y a en outre dans le motif de cette mesure allégué ici quelque chose de malaisé à comprendre. Quel risque courait le pays de devenir désert quand un peuple de deux millions d'âmes venait l'occuper ? Notons d'abord que les bêtes sauvages étaient dans les temps anciens et même longtemps après Moïse extraordinairement nombreuses en Palestine, comme le prouvent les 300 renards de Samson, les ourses de Béthel(2Rois 2.24), et plus tard les lions de Samarie (2Rois 17.25). Comparez la parole d'Amos tirée des circonstances de l'époque, Amos 5.19
Puis remarquons que le verset 31 assigne aux Israélites un territoire beaucoup plus grand que celui qu'ils ont réellement occupé, et que s'ils l'avaient dès l'abord conquis tout entier, l'effet prévu aurait pu aisément se produire. Seulement la faute d'Israël a été de prolonger, au gré de sa paresse, de sa lâcheté et sans doute aussi de sa sympathie secrète pour l'idolâtrie et les mœurs corrompues des Cananéens, le peu à peu qui était dans l'intention divine, et de le changer en un état stable, qui finalement devint la cause de sa ruine, conformément à la pensée du verset 32. Comparez Juges 2.1-23