Les premiers mots sont une introduction non seulement au commandement suivant, mais à tout le Décalogue ; ils seront répétés plus tard à l'occasion de divers commandements particuliers. On peut traduire de deux manières : ou en faisant du mot l'Eternel (Jahvé) une partie du sujet :
Moi, l'Eternel, je suis ton Dieu ; c'est-à-dire : Moi, l'Etre absolu, de qui tout dépend, je suis ton Dieu particulier ; je t'appartiens, comme toi à moi ; ou bien l'on peut joindre le mot l'Eternel à l'attribut :
Je suis l'Eternel ton Dieu...
Ce dernier sens parait exigé par le verset 5, où se retrouve la même formule et où elle doit certainement être traduite de cette manière. Le sens est donc : Moi qui te parle, je suis l'Etre des êtres, qui condescends à être ton Dieu, et qui en cette qualité réclame de toi obéissance.
En même temps que Dieu rappelle au peuple sa souveraineté universelle et particulière, il lui facilite la soumission en éveillant dans son cœur le sentiment de la reconnaissance par le souvenir de la délivrance signalée qu'il vient d'opérer en sa faveur. Dieu parle à Israël à la seconde personne du singulier ; tout le peuple est à ses yeux une personne morale.