Puisqu'on a levé la main... littéralement : Puisque main a été levée..., c'est-à-dire : Puisque Amalek a attaqué Israël, le peuple de Dieu et par là Dieu lui-même.
Le terme de main en hébreu étant indéterminé, on l'a entendu de plusieurs manières : soit de la main du peuple d'Israël, c'est-à-dire : La main vers le trône de l'Eternel pour lui prêter le serment de combattre pour lui.
Dans ce sens on a par un léger changement de lettre substitué le mot qui signifie étendard à celui qui signifie trône et expliqué ainsi : La main à l'étendard de Jéhova ! en rapprochant cette expression de celle du verset 15. Mais à tort, car là c'est l'Eternel lui-même qui est désigné comme l'étendard d'Israël.
Ou bien on a appliqué le mot main à l'Eternel lui-même et vu dans cette parole l'expression d'un geste de l'Eternel qui pose lui-même sa main sur son trône pour prêter le serment de détruire Amalek.
Le sens que nous adoptons nous paraît à la fois plus simple et plus énergique : Puisqu'il y a eu main levée contre le trône de Jéhova, il y a à jamais guerre entre Jéhova et celui qui a osé en agir de la sorte. Le trône de Jéhova n'est pas le peuple d'Israël, comme on l'a supposé ; c'est ici, comme toujours, le symbole de la souveraineté du Dieu d'Israël. Ce n'était pas seulement contre Israël qu'Amalek avait hardiment et perfidement levé la main ; c'était contre son Dieu, qui venait de le délivrer à main forte par des prodiges dont le bruit. s'était répandu au loin. Les autres peuples, les Edomites eux-mêmes, parents d'Amalek, tremblaient (15.14-16) ; Amalek seul bravait. Il commettait ce que la loi appelle le péché à main levée et qu'elle déclare impardonnable. C'est peut-être par cette raison que Balaam appelle Amalek le commencement des nations (Nombres 24.20), c'est-à-dire des nations ennemies ; il a voulu écraser dans son berceau Israël qui venait de naître. Il est ainsi déchu de la faveur accordée aux parents des Israélites et notamment à Edom (Deutéronome 23.8 ; 2.4-6). Il n'y a plus de différence entre lui et les Cananéens voués à la destruction. Cette sentence, renouvelée Deutéronome 25.17-19, fut exécutée partiellement par Saül (1Samuel 15.7-8) et par David (1Samuel 30.17) ; elle eut son effet sous le règne d'Ezéchias, où cinq-cents hommes de la tribu de Siméon battirent les derniers restes des Amalékites qui s'étaient retirés dans la montagne de Séir auprès des autres Edomites (1Chroniques 4.43).