Il appela. Il n'est pas probable que, dans l'état de douleur et de consternation où il se trouvait, Pharaon ait reçu lui-même Moïse. Par le récit de la scène 10.28-29, l'auteur a d'avance écarté cette pensée. Le roi fit connaître sa volonté par l'un des siens.
On a conclu des mots : comme vous l'avez dit, que Pharaon n'autorisait le départ qu'à la condition du prochain retour dont Moïse avait d'abord parlé. Mais cette conclusion est contraire à l'expression de Pharaon lui-même : Sortez du milieu de mon peuple ; puis à cette autre parole de Pharaon : Qu'avons-nous fait de laisser partir Israël pour ne plus nous servir ? (14.5) ; enfin à sa résolution de poursuivre Israël pour le ramener de force dans un moment où le peuple n'avait pas encore quitté le sol de l'Egypte. Les Egyptiens ne songeaient pas non plus à un retour d'Israël quand ils s'écriaient : Partez, nous sommes tous morts !
Depuis les premières démarches de Moïse, qui précédèrent les quatre premières plaies les choses avaient marché. A la suite des scènes 10.28 et 11.8 toute négociation à l'amiable était remplie. Les mots comme vous l'avez dit, portent donc uniquement sur l'idée de partir, hommes et troupeaux.
Bénissez-moi pourrait signifier seulement : Prenez congé de moi ; laissez-moi ! Mais, dans l'état de terreur où se trouve le monarque, ils signifient plus : Priez pour moi, que Dieu cesse de me frapper et qu'il épargne ma vie ! Quelle rétractation de la bravade 10.10 ! Comparez 8.28 ; 9.28