15 à 20 Les pains sans levain
Cette prescription, placée, comme elle l'est, à la suite du verset 14, ne peut point s'appliquer à la première Pâque qui devait être célébrée en Egypte ; elle a trait uniquement aux Pâques subséquentes, anniversaires de cette Pâque première et originelle. Nous devons donc l'envisager comme une ordonnance supplémentaire, que Moïse a reçue plus tard, après la sortie d'Egypte, et qui a été insérée ici pour compléter les prescriptions relatives à la célébration de la Pâque. C'est ce que confirment :
- l'expression du verset 17 : Je vous ai fait sortir
- celle de sainte assemblée au premier et au septième jour, verset 16
L'ordre de manger les pains sans levain pendant sept jours, ordre dont l'exécution ne pouvait avoir, lors de la première Pâque, le caractère réglementaire et rituel qui lui est attribué ici (voir à verset 34 et 39).
Le terme hébreu mattsoth : pains sans levain, azymes, vient probablement d'un terme arabe qui signifie pur ; il désigne donc des gâteaux faits d'une pâte non altérée par la présence et l'action du levain. La fermentation que produit le levain dans la pâte est en même temps un principe de corruption ; c'est pourquoi le levain est exclu des gâteaux d'offrande présentés sur l'autel (Lévitique 2.11) ; aussi l'Ecriture en fait-elle le symbole de la corruption morale (1Corinthiens 5.7-8).
On a supposé que la coutume d'éloigner le levain en certains moments provenait d'un usage antérieur au temps de Moïse et était en rapport avec le commencement de la moisson. On aurait jugé convenable de manger les prémices de la récolte dans leur état de pureté naturelle, sans y rien mêler d'étranger. Rien n'empêche, en effet, que Dieu n'ait transformé un usage primitivement agricole en rite théocratique, afin de célébrer par ce symbole de renouvellement et de purification l'événement qui allait faire d'Israël lui-même un peuple nouveau.