Je passerai, sans frapper ; c'est l'explication du mot pâque (verset 11)
Les mots : le sang sera un signe et il n'y aura pas de plaie, ne laissent aucun doute sur la valeur expiatoire du sang de l'agneau ; comparez Lévitique 14.25
Par la raison que le terme de sacrifice n'est pas appliqué à la Pâque dans l'ordonnance versets 1 à 14, on a parfois nié qu'elle eût ce caractère. Mais les qualités de la victime, énumérées verset 5, le repas sacré qui suit l'immolation, et surtout l'emploi du sang pour préserver Israël, ne permettent pas de douter que l'immolation de l'agneau ne soit un vrai sacrifice. Seulement ce sacrifice diffère de toutes les espèces de sacrifice réglementées plus tard par la loi.
Il a de commun avec le sacrifice d'expiation l'emploi du sang, avec l'holocauste le passage de la victime par le feu, avec le sacrifice d'action de grâces le repas sacré qui le complète. Mais il diffère essentiellement de tous les autres en ce qu'il est un sacrifice de famille. Il n'y a encore ni sanctuaire, ni autel, ni sacrificateur, et même plus tard, lorsque l'acte de l'immolation fut transporté dans le sanctuaire et confié aux sacrificateurs, ce caractère domestique originaire demeura, dans ce trait spécial du repas de famille qui le terminait.
Ce repas était. un signe de communion avec Dieu. C'est là le côté positif de la grâce dont l'expiation n'est que le côté négatif ; deux choses qui se retrouvent dans l'Eucharistie. Jésus-Christ, dont le sang a été répandu en rémission des péchés, devient en même temps pour nous une nourriture, un principe de vie que nous avons à nous assimiler. La Pâque est donc de beaucoup le plus important de tous les sacrifices de l'Ancien Testament. Tandis que, dans les autres, une des deux faces de l'idée du sacrifice, soit l'expiation, soit la communion, l'emporte toujours sur l'autre, la Pâque est le sacrifice complet et par excellence. Aussi est-ce toujours à celui-là que les hommes du Nouveau Testament ont comparé celui de Jésus-Christ. Comparez Jean 19.36 ; 1Corinthiens 5.7 ; 1Pierre 1.19, et toute l'Apocalypse, dans laquelle Jésus est représenté, comme l'Agneau ou l'Agneau immolé.
A propos de la mort de Jésus-Christ, (Jean 19.36) relève cette prescription particulière à l'agneau pascal : Pas un de ses os ne sera rompu.
Sur la question de savoir si avant Moïse il existait déjà une fête en Israël destinée à célébrer le renouvellement de la vie à l'époque du printemps, voir à verset 21.