Dans sa mort il est avec le riche. L'hébreu porte simplement : dans sa mort avec le riche. Il serait assez naturel de faire de ces mots le parallèle de ceux-ci : son sépulcre avec les méchants. Il faudrait alors, avec Luther et Calvin donner au mot riche le sens d'orgueilleux ou de violent. Mais on détourne ainsi le terme hébreu de son sens constant. La sépulture d'un riche, même impie, n'est d'ailleurs pas une sépulture ignominieuse, comme celle d'un malfaiteur. Si on laisse au mot riche son sens naturel, les deux membres de la phrase forment évidemment une antithèse. Ceux qui ont condamné à mort le serviteur (verset 8), lui ont destiné la sépulture d'un criminel. Mais, à cause de son innocence, Dieu a pourvu à ce qu'il fùt enterré parmi les riches... Le récit évangélique de la mort de Jésus entre deux malfaiteurs et de son ensevelissement dans le tombeau du riche Joseph d'Arimathée (Matthieu 27.57), offrirait une coïncidence frappante avec ce trait de la prophétie. Mais nous avons peine à croire que ce soit là le vrai sens du texte. L'explication suivante nous paraît plus naturelle :
Il a été enterré avec les criminels (avec lesquels il est mort) ; mais après sa mort il a été (dans le schéol) mis par l'Eternel au rang des plus honorés (comparez le pauvre Lazare dans le sein d'Abraham, Luc 16.22). Le mot bemothav signifie proprement : dans ses morts. Ce pluriel, analogue au pluriel chajim : les vies, pour dire la vie, désigne l'état de mort dans lequel le serviteur est maintenant entré et ne prouve en aucune façon que le prophète ait en en vue la mort de plusieurs individus (Reuss).
Comparez avec la fin du verset 1Pierre 2.22.