D'autres traduisent : Il a été enlevé à l'oppression et au jugement, c'est-à-dire délivré par la mort et glorifié par Dieu. Ce sens est possible, mais peu naturel ici, où il ne s'agit pas de l'élévation, mais de la fin douloureuse du serviteur. L'idée est plutôt qu'il a été victime d'une sentence inique ; les termes oppression et jugement sont synonymes de jugement oppressif.
La seconde partie du verset a été interprétée de bien des manières. Le mot dor, que nous rendons par contemporains, signifie proprement génération. Plusieurs l'appliquent à la postérité spirituelle du serviteur, mais cette idée n'a aucun rapport avec le contenu de ce verset ; sa place est au verset 10 ; et il est douteux quelle pût être exprimée par le mot dor. D'autres traduisent ce terme par, durée, sens qu'il ne comporte pas, ou par demeure, sens qui est possible (voir 38.12), mais bien invraisemblable (il faudrait entendre par cette demeure le tombeau du serviteur, verset 9). Celui que nous avons adopté se retrouve ailleurs (par exemple Jérémie 2.31) et s'accorde bien avec l'idée, énoncée déjà au verset 1, que nul, parmi les témoins de sa souffrance, n'a compris l'uvre d'amour qu'il accomplissait en mourant.
Retranché de la terre des vivants : voyez 38.11,18-19.
La plaie : voir la note verset 4.
Le frappait. Le pronom lamo est ordinairement un pluriel (les) ; mais il est employé quelquefois à la place du singulier lo (ainsi par Esaïe lui-même, 44.15) ; il sert à donner ici plus de poids à la fin de la phrase. C'est donc à tort qu'on a vu dans ce mot la preuve que le serviteur n'est pas un individu, mais un être collectif, opinion qui est contredite par tout l'ensemble de ce chapitre.
Mon peuple : Israël, au nom duquel le prophète a parlé jusqu'ici.