Chapitres 10 à 12 :
Vision des souffrances et de la délivrance d'Israël en lutte avec les puissances païennes.
Comme au chapitre 9, Daniel est instruit ici de l'avenir d'une manière directe, sans l'intermédiaire de figures symboliques, par un envoyé vers lui et qui lui parle dans des termes légèrement voilés et enveloppés de mystère. Quant au contenu de la révélation renfermée dans ces trois chapitres, il est essentiellement le même que celui de la vision du chapitre 8, seulement beaucoup plus développé pour ce qui concerne deux des monarchies issues du troisième empire, les monarchies égyptienne et syrienne, et spécialement cette dernière. Ce que le chapitre 8 révélait sur la Perse, ainsi que sur l'établissement et le démembrement de l'empire grec, n'est plus ici rappelé que sommairement et devient le point de départ d'une histoire des luttes de l'Egypte et de la Syrie, jusqu'au roi persécuteur qui se signale par ses entreprises hostiles contre le sanctuaire et le peuple du vrai Dieu. Ce personnage n'est autre que celui que désigne la petite corne du chapitre 8, Antiochus Epiphane, l'Antéchrist de l'Ancien Testament.
La pensée centrale du livre, à savoir l'antagonisme entre les royaumes du monde et le règne de Dieu, est encore celle qui domine tout ce morceau. Mais on est frappé du caractère détaillé et même minutieux des prophéties qui y sont renfermées, et l'on doit reconnaître qu'un pareil genre de révélation est sans exemple dans tout l'Ancien Testament et dépasse tout ce que nous avons vu d'analogue dans le livre de Daniel lui-mème.
Ce morceau se divise en trois parties :
- Une introduction, 10.1 à 11.1
- La révélation proprement dite 11.2 à 12.3
- Une conclusion qui est en même temps celle de tout le livre, 12.4-13.
Le chapitre 10 prépare la révélation du chapitre 11 en indiquant les circonstances dans lesquelles elle se produisit et l'apparition du personnage céleste chargé de la communiquer. Il nous transporte dans le monde des Esprits qui président au rôle que jouent dans l'histoire les peuples et les royaumes d'ici-bas. Il enseigne que le combat qui se livre sur la terre entre la lumière et les ténèbres, entre le peuple de Dieu et les royaumes du monde, correspond à un combat analogue dont le monde invisible est le théâtre. Cet enseignement devait fortifier et encourager les pieux Israélites, en leur montrant qu'ils n'étaient pas seuls pour lutter et pour vaincre, qu'ils avaient sans doute des ennemis invisibles cachés derrière leurs ennemis visibles (comparez Ephésiens 6.12 et suivants) mais qu'ils pouvaient compter pour alliés les principautés et les puissances célestes.
1 à 3 Moment et circonstances de la vision.
Ce verset parait être un en-tête provenant du rédacteur du livre et non du prophète. Comparez 7.1. Ce n'est qu'au verset 2 que le récit se donne pour l'uvre personnelle du prophète.
La troisième année de Cyrus, c'est-à-dire de sa royauté à Babylone. C'était l'année 534 avant J-C, quatre ans après la vision du chapitre 9 et deux ans après l'édit proclamant la délivrance d'Israël (Esdras 1.1-3). On s'est étonné que Daniel, à ce moment, se trouvât encore à Babylone et qu'il ne se fût pas joint aux exilés qui revinrent dans leur patrie. La pensée qu'il pouvait rendre de plus grands services à son peuple en restant à la cour de Perse et son âge avancé expliquent suffisamment ce fait (comparez encore 1.21, note).
Beltsatsar. Par l'indication du nom babylonien de Daniel, le rédacteur veut peut-être constater que c'est le même personnage dont il a été question au chapitre 1.
Et ce sera une grande guerre... celle que cette parole a la mission de prédire. On peut bien dire en effet que dans tout le morceau il n'est question que de luttes, soit dans le ciel, soit sur la terre.