Dans le sentiment de son adoption, le chrétien trouve le gage de sa gloire future.
Enfant du Père céleste, il sera nécessairement son héritier.
Dieu, sans doute, ne meurt pas et ne laisse pas ses biens à des descendants. Etre héritier de Dieu, c'est, pour l'homme, avoir part à sa vie, à sa gloire, à son règne ; c'est être réintégré dans la position de roi de la création qui lui avait été assignée d'abord, et dont il a été privé en devenant pécheur et charnel. (Genèse 3.17-19)
Mais à tous les degrés de sa rédemption et de sa glorification, l'homme n'est rien sans Christ ; c'est par Christ seulement qu'il a droit à cet héritage du Père, dont Christ a déjà pris possession ; (Matthieu 28.18 ; Romains 1.4 ; Philippiens 2.9-11 ; Ephésiens 4.10) en d'autres termes, il n'est héritier de Dieu que parce qu'il est cohéritier de Christ, qui veut bien partager avec lui tous ses privilèges. (Luc 22.28,29)
Le chrétien voit dans ce titre magnifique quelle est la grandeur de son héritage : il est fait égal à Christ. (verset 29)
De plus, dans la succession d'un père terrestre, chacun des enfants ne reçoit qu'une partie, l'héritage céleste, au contraire, semblable à la lumière du soleil que chacun reçoit pleinement sans en rien ôter aux autres, est destiné à tous dans son indivisible totalité.
Ce qui en fait l'essence, c'est l'amour éternel ; et l'on peut dire de cet amour, avec infiniment plus de raison, ce qu'on a dit de l'amour maternel : "Chacun en a sa part et tous l'ont tout entier."
- Mais pour avoir part, avec Christ, à ce glorieux héritage, il y a une condition à remplir : marcher dans la voie des renoncements et des saintes douleurs, qu'il a suivie lui-même.
Si nous souffrons avec lui...Sans cela "la chair et le sang ne peuvent hériter le royaume de Dieu." L'apôtre sait combien la chair répugne à cette condition de la souffrance, mais il sait aussi que, si notre vieil homme persiste dans son refus de suivre Christ en portant sa croix, il n'y a pour nous aucune perspective de participer à son héritage. C'est pourquoi il rappelle cette indispensable condition.
Mais si la souffrance est un moyen de sanctification dont nul ne peut se passer, Dieu prend soin de la dispenser à ses enfants selon qu'ils en ont besoin, et il leur donne avec l'épreuve la force de la surmonter. (1Corinthiens 10.13)
Si la souffrance est inséparable de la vocation du chrétien ici-bas, celui qui en est exempt a lieu de se demander s'il suit Jésus-Christ dans la voie où il a marché et de craindre qu'il ne puisse parvenir à sa gloire, qui ne s'obtient que par une sainte conformité à sa vie dans la souffrance, au contraire, le fidèle voit se resserrer les liens qui l'unissent à Christ, et grandir l'assurance qu'il a du salut. (2Timothée 2.8-13 ; 1Pierre 4.13)
L'idée que nous avons à souffrir avec Christ sert de transition aux développements qui vont suivre.