Tous les autres, grec les plusieurs, Comparer verset 15, note.
- Ce dernier trait du parallèle est d'une grande importance pour établir (car) l'affirmation du verset précédent : il montre la cause morale du double fait historique sur lequel porte cette affirmation.
La faute d'Adam, qui a entraîné la condamnation de tous, n'a pas été un accident ; elle a été causée par sa désobéissance, de même c'est l'obéissance d'un seul, de Christ, qui a été la cause de la justification de tous ceux qui croient en lui.
- L'apôtre dit que, par la désobéissance d'Adam, tous les autres ont été constitués pécheurs, et que, par l'obéissance de Christ, tous les autres seront constitués justes.
La plupart traduisent : "rendus" pécheurs, "rendus" justes. Mais le verbe signifie "être mis dans la position de..." L'idée est qu'ils ont été placés devant Dieu dans la position de pécheurs ou de justes.
Le terme dont se sert l'apôtre ne tranche pas la question soulevée par les théologiens : faute d'Adam a-t-elle été imputée à ses descendants de telle sorte qu'ils en soient coupables aux yeux de Dieu, ou les descendants d'Adam ont-ils été constitués pécheurs seulement par le fait qu'ils ont hérité de leur père la disposition à désobéir ?
De l'ensemble du passage, (verset 12, note) il ressort que cette dernière idée est plutôt celle de Paul. La maladie morale, l'infection du péché, s'est propagée d'Adam à tous ses descendants par l'hérédité naturelle. "Ce qui est né de la chair est chair ;" (Jean 3.6) or, "l'affection de la chair est inimitié contre Dieu ;" elle est "la mort" même. (Romains 8.6,7)
De là, l'universelle sentence, rappelée au verset 12 ; de là la condamnation venue sur tous les hommes. (verset 18) En ce sens, le péché d'Adam a donc été réellement le péché de toute sa race, comme la source d'un fleuve est déjà ce fleuve Cela ne paraît faux qu'au pélagianisme qui voit le péché dans les actes extérieurs seulement, dans le faire et non dans l'être.
- A la désobéissance, source du péché et de la mort, l'apôtre oppose l'obéissance du Sauveur, source de la justice et de la vie. Il s'agit de sa parfaite obéissance à Dieu son Père dans sa vie entière, et surtout de cette "obéissance jusqu'à la mort de la croix," (Philippiens 2.8) dans laquelle Paul nous montre, en maint passage, le grand sacrifice qui a opéré notre rédemption et a permis à Dieu de justifier ceux qui croient en Jésus. (Romains 3.24-26)
- Si l'apôtre met le verbe au futur : seront constitués justes, ce n'est pas qu'il se reporte en pensée au jugement suprême, quand Dieu prononcera la sentence définitive ; il veut plutôt indiquer que la justification de chaque pécheur sera déclarée au moment où il arrivera à la foi ; que l'humanité nouvelle, qui reçoit de Christ sa justice, est encore en voie de formation.
- La conclusion de toute cette comparaison entre l'œuvre d'Adam et celle de Christ est que les croyants retrouveront en Christ plus encore qu'ils n'avaient perdu en Adam. Leur justification implique la sanctification, la possession impérissable du ciel, à laquelle ils parviennent par leur union vivante avec Christ. Paul passera dès le chapitre suivant à cette autre face de l'œuvre de Christ.