Dans l'original, il n'y a pas de verbe : comme par une seule faute pour tous les hommes en condamnation, de même aussi par un seul acte de justification pour tous les hommes en justification de vie.
Nous avons ici, plus nettement énoncée que dans les versets précédents l'antithèse dont le premier terme seul avait été exprimé à verset 12 : une seule faute entraînant la condamnation de tous d'une part ; de l'autre, un seul acte de justification rendant possible à tous une justification qui produit la vie.
Paul nomme la condamnation, ce que jusqu'ici il a appelé "la mort".
L'acte de justification, c'est l'œuvre de la grâce divine déclarant juste (sens du verbe grec dont dérive ce substantif) celui qui croit en Jésus.
La justification individuelle, qui en résulte pour tous ceux qui croient en lui, est appelée (grec) justification de vie, parce qu'elle met le croyant en possession de la vie éternelle, dans laquelle "il régnera." (verset 17)
A prendre à la lettre cette déclaration de l'apôtre : "il y a pour tous les hommes justification de vie," on pourrait conclure que tous seront justifiés aussi nécessairement qu'ils ont encouru la condamnation. Isolé de l'ensemble, ce passage fournirait un argument sans réplique à ceux qui admettent le salut universel.
Mais l'apôtre a déjà indiqué (versets 15-17) la différence profonde qu'il y a entre la communication du péché et de la mort dans la race d'Adam et celle du "don de la grâce" que Christ nous a acquis.
Dans le premier cas, il y a transmission fatale en vertu de la descendance charnelle ; dans le second, c'est un "don" de la libre "grâce de Dieu," qui sauve "ceux qui le reçoivent." (verset 17)
L'apôtre enseigne (comme 1Jean 2.2) que le sacrifice et les mérites du Sauveur sont parfaitement suffisants pour la justification de tous ; que Dieu a donné son Fils pour le salut de tous les pécheurs et qu'il veut que tous les hommes soient sauvés. (1Timothée 2.4) Si tous ne le sont pas, c'est par suite de l'incrédulité et de l'endurcissement des pécheurs.