Aussi vrai que la sentence de condamnation de tous a été provoquée par une seule faute, le don de la grâce est suffisant pour justifier de toute la multitude des fautes : cette hardie assertion du verset 16, l'apôtre la prouve (car) en opposant, au règne de la mort universelle qui s'est établi par la faute d'un seul, le règne de la vie fondé par le seul Jésus-Christ, en faveur de tous ceux qui reçoivent l'abondance de la grâce et du don de la justice, c'est-à-dire qui s'approprient individuellement l'œuvre rédemptrice.
Si, par la faute du seul Adam, le règne de la mort s'est étendu sur tous les hommes, sans qu'ils eussent conscience d'avoir participé à la faute de leur premier père, à bien plus forte raison le don de la justice que Jésus-Christ nous procure assure-t-il à ceux qui le reçoivent et s'en emparent par un acte de foi et de volonté, qu'ils régneront dans la vie.
Mais si la possession de ce règne dans la vie est garantie, c'est que l'acte de justification a porté sur leurs fautes individuelles, autrement ils ne sauraient être associés à ce règne. Cette justification des fautes individuelles était affirmée à verset 16 ; ici, elle est démontrée ; et en la démontrant, l'apôtre découvre les effets admirables de cette abondance de la grâce et de ce don de la justice, qu'il avait déjà mentionnés à verset 15.
La rédemption pas seulement l'homme de la domination du péché et de la mort elle le met en possession de la vraie et pleine liberté, en sorte qu'il règne et régnera éternellement dans la vie, dans cette vie qu'il possède par Jésus-Christ, dont il partage la gloire.
- L'apôtre dit de la mort : elle a régné, parce que déjà sa puissance était virtuellement brisée mais il dit des héritiers de la vie : ils régneront, parce que la vie n'exerce point encore sur eux tout son empire, et surtout parce qu'elle n'est point parvenue encore à tous ceux qui doivent en éprouver l'influence.
-"Reste un dernier mot qui, placé au terme de cette période si riche et si puissamment construite, a une solennité toute particulière :par le seul Jésus-Christ.Le seul, l'unique, opposé à l'autre unique dans la première proposition.. Cette parole finale rappelle qu'il a été l'unique agentdu don de la justicedivine et que, si les croyants ont une justice à s'approprier, au moyen de laquelle ils peuvent régner, c'est celle que lui seul leur a acquise."Godet.