Ouvrant sa bouche, hébraïsme qui indique la solennité de l'action, la sainte liberté de la parole. Comparer Matthieu 13.35 ; 2Corinthiens 6.11 ; Ephésiens 6.19
Là, l'évangéliste fait avec éclat une préface pour montrer comment Jésus s'apprête à la prédication : il monte sur une montagne il s'assied, il ouvre la bouche ; c'est pour faire sentir le sérieux de son action.Luther.
On n'est donc pas fondé à voir dans les pages qui suivent non un discours de Jésus, mais une compilation de l'évangéliste, qui en aurait emprunté les éléments à diverses paroles du Seigneur, prononcées en d'autres occasions. Sans doute, la forme assez différente sous laquelle Luc a rapporté ce même discours, soit pour le choix, soit pour l'ordre des matériaux, montre assez que les évangélistes ont usé d'une sainte liberté selon le plan qu'ils s'étaient tracé et sous la direction de l'Esprit de vérité qui les animait.
Sans doute encore, il est un bon nombre des pensées de ce discours qui se retrouvent ailleurs dans les enseignements du Sauveur et avec des applications différentes. Mais ce sont tantôt des expressions proverbiales, des images, que Jésus pouvait certainement employer plus d'une fois (ainsi verset 13 ; comparez Marc 9.50 ; 7.13 ; comparez Luc 13.24 ; 6.22 ; comparez Luc 11.34 ; 6.24, comparez Luc 16.13) tantôt de courts préceptes moraux, qui devaient naturellement reparaître aussi dans ses enseignements. Ainsi verset 25 ; comparez Luc 12.58 ; 5.32 ; comparez Luc 16.18 ;6.19 ; Luc 12.33 Quant à là belle exhortation touchant les inquiétudes, (Matthieu 6.25-34) que Luc a rapportée ailleurs, (Luc 12.22-31) il serait difficile de dire dans lequel des deux récits elle se trouve le mieux à sa place.
Quoi qu'il en soit, la manière dont l'évangéliste introduit cette prédication et dont il en décrit l'effet, (Matthieu 7.28) montre avec évidence qu'il rapporte un discours solennel et prolongé de son Maître. Et n'était-il pas dans la nature des choses que le Sauveur, tout en guérissant les malades, en consolant les affligés, saisit l'occasion d'exposer à ces foules qui le suivaient les grands et éternels principes moraux de son règne ? Il le fait, non dans les formes logiques de l'école, mais avec la liberté d'allure qui convient à une instruction improvisée, coulant de source, mais qui, dans son ensemble, ne manque pas d'une grandiose unité.