Comparer Marc 12.1-12 ; Luc 20.9-19. L'idée de cette parabole et plusieurs détails sont empruntés à Esaïe 5.1 et suivants. On sait combien le Seigneur aimait à rattacher ses enseignements à l'Ancien Testament. Mais la similitude est admirablement développée en vue du but que Jésus se proposait. Ce but est évident : après avoir reproché aux membres du sanhédrin qui l'écoutaient (verset 23) leur impénitence, Jésus va leur faire sentir, par cette tragique histoire, leur culpabilité ; après les avoir amenés à prononcer leur propre jugement, (verset 31) il va les juger à son tour en leur retraçant la conduite inique des chefs d'Israël dans tous les temps. Eux-mêmes combleront la mesure de ces iniquités par le meurtre de celui qui leur parle. (verset 39)
Une haie ou clôture servait à protéger la vigne contre toute dévastation du dehors. Le pressoir se creusait, chez les Orientaux, dans la vigne même. Il se composait de deux bassins superposés, dont l'un servait à recevoir les raisins qu'on y jetait pour être foulés ; l'autre, placé en dessous, était destiné à recueillir le moût qui y coulait. Enfin la tour était un édifice de garde, bâti au milieu du vignoble et d'où l'on pouvait le surveiller tout entier. Il n'est pas nécessaire de chercher à ces traits, qui ornent le récit et donnent à la parabole un caractère si pittoresque, un sens symbolique. Ils servent, d'une façon générale, à montrer que le maître de la vigne ne lui épargne aucun soin.
Grec :, il la remit à des agriculteurs et s'expatria. (Voir l'explication de la parabole verset 43, note.) Cela ne veut pas dire que ces agriculteurs auraient à payer en argent le produit annuel de la vigne ; le maître avait conclu avec eux un marché pour la culture de sa vigne ; il devait recevoir tout ou partie de ses produits en nature. (verset 34)