Des trois questions que Jésus adresse coup sur coup au peuple, les deux premières expriment des suppositions directement opposées à ce qu'était le caractère notoire de Jean. Un roseau agité du vent ? c'est-à-dire un homme faible, vacillant, pliant sous toutes les influences ? La question qu'il venait de faire adresser à Jésus aurait pu donner de lui cette idée. Mais tout le peuple savait parfaitement le contraire ; il ne l'avait trouvé que trop ferme, trop rigoureux. N'était-il pas en prison pour avoir été dire la vérité à Hérode jusque dans son palais ?
- Mais (puisque ce n était pas cela) quoi donc ? Un homme du monde vivant dans la mollesse portant des vêtements mœlleux, efféminés ? Il aurait fallu le chercher dans un palais royal ; mais Jean ! (Voir Matthieu 3.4)
Le Sin. a : "Pourquoi êtes-vous allés ? voir un homme ?"
- Mais enfin, quoi donc ? Un prophète ? (Sin., B portent ici : "Pourquoi êtes-vous allés ? voir un prophète ?" Le sens est le même.)
Et Jésus confirme solennellement cette attente du peuple. Jean était même plus qu'un des prophètes de l'ancienne alliance, parce que, sur le seuil du royaume de Christ il l'avait annoncé et montré immédiatement comme l'Agneau de Dieu, (Jean 1.29) après avoir prêché la repentante (Comparer verset 10)
- Chacune de ces questions renfermait un reproche pour les auditeurs de Jésus. Ce que Jean n'était pas, un roseau vacillant, un homme du monde eux l'étaient, et ils le prouvaient par la légèreté avec laquelle ils avaient oublié le témoignage de ce grand prophète. (versets 16-19 ; comparez Luc 7.29,30)