Voir, sur ces paroles, Matthieu 13.13, note.
Il faut remarquer une différence d'expression entre cet évangéliste et Marc. Matthieu dit que Jésus parle en paraboles parce que ses auditeurs ne voient ni ne comprennent ; d'où quelques interprètes ont voulu conclure que Jésus se servait de ce mode d'enseignement plus simple et plus facile parce que ses auditeurs n'en auraient pas compris un autre.
C'est précisément l'inverse de la pensée de Jésus, pensée qui se fonde sur une prophétie d'Esaïe dont le sens n'est pas douteux (Matthieu 13.14 et suivants, note) et à laquelle Jésus fait allusion.
Mais le sens de notre passage est rendu plus clair encore par la conjonction qu'emploie Marc et qui se trouve également dans Luc : afin que ; c'est-à-dire que Jésus parle en paraboles, dans l'intention expresse que ceux dont il sait qu'ils ne croiraient point, ne voient ni n'entendent une vérité plus clairement énoncée, qui ne ferait que rendre leur incrédulité plus coupable.
C'est là un jugement sans doute, mais un Jugement où apparaît aussi la miséricorde, et qui, par conséquent, n'est point irrévocable, si les hommes dont il s'agit ouvrent un jour leurs cœurs à la repentance qui les rendra capables de recevoir la vérité.
- Ces expressions : en regardant, ils regardent, en entendant, ils entendent, sont un hébraïsme qui signifie que l'action dont il s'agit se répète à diverses reprises.
- Le texte reçu dit : "que leurs péchés ne leur soient pardonnés." Les mots soulignés ne se trouvent pas dans Sin., B, C. Ils paraissent être une addition explicative.
Marc seul a conservé cette parole.
Jésus revient à la parabole du semeur, la première qu'il avait prononcée et dont il devait tout d'abord donner l'explication en réponse à la question générale des disciples. (verset 10) Il ne faut donc pas mettre notre verset en contradiction avec la déclaration du verset 11, par laquelle Jésus approuvait les questions des disciples sur les paraboles.
Il n'exprime pas un blâme, mais une sorte d'étonnement de ce qu'ils n'ont pas compris la parabole du semeur si simple et si intelligible. Elle est d'ailleurs le point de départ de toutes les paraboles qui enseignent la grande doctrine du royaume de Dieu, puisqu'elle révèle la manière dont ce royaume s'établit dans les âmes par la prédication de la parole. Si les disciples ne comprennent pas celle-là comment saisiront-ils les autres, qui décrivent les développements plus profonds et plus universels de ce royaume ?