Voir Matthieu 26.10-12, notes.
Dans cette belle et touchante apologie que le Seigneur condescend à faire de l'action de Marie, il y a plusieurs traits importants qui appartiennent à Marc seul.
Et d'abord, ces mots : (verset 7) quand vous voulez, vous pouvez leur faire du bien.
Comme Matthieu se contente de mentionner les pauvres qui seront toujours là, on a vu, dans la réflexion ajoutée par Marc, une phrase superflue et qui trahit une tradition postérieure. Sans doute, à des hommes très intelligents, il suffisait pour repousser la réclamation de Judas en faveur des pauvres, de dire : "Ces pauvres, vous les aurez toujours ;" mais comme Jésus parlait à ses disciples qui n'entendaient pas les choses à demi-mot, l'application directe qu'il leur fait de sa pensée n'était point inutile.
- Ensuite, c'est Marc seul qui a conservé cette parole : Ce qu'elle a pu, elle l'a fait.
C'est le plus grand et le plus beau témoignage d'approbation que Jésus puisse donner. Peu d'hommes l'ont mérité. Dans les circonstances tragiques où cette pauvre femme agissait, elle eût sacrifié avec joie sa vie pour sauver la vie de Jésus, et pour amener à ses pieds tous ceux qui ne savaient pas encore l'aimer. Rien de tout cela n'étant en son pouvoir, elle a fait au moins le sacrifice de ce qu'elle avait de plus précieux pour lui témoigner devant tous sa vénération et son amour.
- C'est Marc enfin qui exprime d'une manière plus précise (verset 8) la pensée pleine de finesse et de profondeur qui se trouve aussi dans Matthieu : grec elle a anticipe de parfumer mon corps pour la sépulture.
Ces paroles ne sauraient être, comme on l'a trop généralement admis, une simple interprétation bienveillante de l'action de Marie. Marie avait recueilli de tous les signes qu'elle observait, et en particulier des prédictions de Jésus sur sa mort, le pressentiment douloureux qu'elle le voyait à Béthanie pour la dernière fois peut-être ; et elle lui rendait, vivant, l'honneur qu'elle aurait voulu lui rendre après sa mort.
- Il faut remarquer encore le contraste qu'il y a entre les paroles attristées du verset 8 et la déclaration triomphante du verset 9. La pensée de Marie s'arrête sur la mort et la sépulture de son Sauveur, et Jésus le constate. Mais, ajoute-t-il, en portant son regard sur les profondeurs de l'avenir, en tout endroit, dans le monde entier, le vase de parfum de cette humble femme répandra sa bonne odeur par la prédication et la lecture de l'Evangile.
Le texte reçu efface ce contraste en omettant la particule mais. Ce même texte reproduit ici à tort l'expression de Mathieu : cet Evangile.
- Cette parole pleine d'assurance confirme la prophétie précédente. (Marc 13.10)