Marc dépeint vivement ce moment solennel et le met en quelque sorte sous les yeux du lecteur par ces verbes au présent : ils approchent, il envoie.
- Et aussitôt il l'envoie (grec) de nouveau ici, telle est la leçon de Sin., B, C, D.
Dans le texte reçu de nouveau est omis. Le sujet est : le Seigneur.
Cette parole fait encore partie du message confié par Jésus aux disciples. Jésus promet de rendre bientôt l'ânon qu'il emprunte.
Meyer, adoptant la leçon reçue, pense que le sujet c'est le personnage qui d'abord arrête les disciples. Mais en ce cas il y aurait : il le laisse aller, (verset 6) et non : il l'envoie.
La bourgade où les disciples doivent trouver l'ânon est sans doute Bethphagé, et l'ordre que Jésus leur donne de le lui amener, avec cette simple observation que le Seigneur en a besoin, prouve que le propriétaire de cet ânon était un ami de Jésus.
- Marc et Luc, en faisant cette observation : qu'aucun homme ne s'était encore assis sur l'ânon, paraissent attacher à ce détail une certaine importance ; ils pensaient peut-être à la loi d'après laquelle les animaux destinés à un usage sacré devaient être intacts et n'avoir jamais porté le joug. (Nombres 19.2 ; Deutéronome 21.3 ; 1Samuel 6.7)
- Mais ce qu'il faut remarquer surtout dans cet envoi des disciples, c'est"l'intention réfléchie de Jésus de donner à cette scène une solennité particulière. Jusqu'alors il s'était soustrait aux hommages populaires ; mais une fois au moins il voulait être proclamé Roi-Messie au milieu de son peuple. Ce devait être aussi un dernier appel adressé a la population de Jérusalem. (Luc 19.42) Cette manière d'agir n'avait plus rien de compromettant pour son œuvre, car il savait bien que sa vie touchait à son terme."Godet, sur Luc 19.28-36.