Le Dieu seul bon, auquel Jésus a renvoyé son interlocuteur, ne s'est pas laissé sans témoignage ; il s'est révélé, il a exprimé dans la loi sa volonté sainte : Tu sais les commandements ; pourquoi demandes-tu ce que tu dois faire ?
Si cet homme ne s'était pas contenté de savoir, et de savoir mal ; (verset 20) s'il avait saisi cette loi dans sa spiritualité, il n'aurait pas demandé ce qu'il devait faire, mais, humilié en présence de ces commandements violés, il aurait imploré le secours de Dieu pour les accomplir.
C'est précisément là ce que Jésus voulait lui apprendre en le renvoyant à la loi, dont il lui révélait le sens et l'esprit. Dans Matthieu, il ajoute même à ces commandements de la seconde table ce grand commandement qui en est l'âme : Tu aimeras ton prochain comme toi-même.
- Marc introduit parmi les commandements ce précepte qui a singulièrement embarrassé les interprètes : tu ne feras aucun tort, ne dépouilleras pas les autres, (1Corinthiens 6.8 ; 1Timothée 6.5 ; Jacques 5.4) en les privant de ce qui leur est dû. On est étonné de ce précepte qui parait superflu après des commandements si clairs.
Les uns le considèrent comme explication du huitième commandement ; les autres pensent qu'il doit remplacer le dixième, qui interdit de convoiter le bien d'autrui ; d'autres encore y voient un résumé de tous ces préceptes, destiné à en révéler l'esprit.
Meyer voit ici une citation de Deutéronome 24.14, où se retrouve le même verbe : "Tu ne feras point de tort au mercenaire qui est pauvre et indigent."
Mais est-il probable que Jésus ait ajouté une prescription si spéciale aux commandements qu'il venait de citer ? Ce détail reste donc obscur.