J'assemblerai les nations. Pour leur arracher leurs captifs, il faut qu'elles soient vaincues, et pour qu'elles soient vaincues, il faut qu'elles se soulèvent. Si donc elles croient agir spontanément, elles se trompent, elles ne font qu'accomplir les secrètes volontés de Dieu.
La vallée de Josaphat. Ce nom n'est mentionné que dans ce verset et au verset 12. Nous constatons seulement que depuis les temps d'Eusèbe et de Jérôme (IVième siècle après J-C), on l'applique à la partie de la vallée du Cédron située à l'est de Jérusalem, entre la colline du temple et la montagne des Oliviers. On appelle également encore aujourd'hui tombeau de Josaphat un monument tumulaire qui se trouve dans cette vallée sur le versant de la montagne des Oliviers, lors même que, d'après 2Chroniques 21.1, ce roi doit avoir été enseveli dans la cité de David, à l'ouest de la colline du temple. L'on ne conçoit pas bien comment une armée innombrable, comme celle que suppose le tableau de Joël, pourrait se trouver réunie dans un espace aussi étroit que cette vallée du Cédron au pied du temple. Le mot dont se sert Joël (émek) désigne d'ailleurs non une gorge, mais une très large vallée. On pourrait penser avec quelques interprètes à la partie plus septentrionale de la vallée du Cédron, près de la source du torrent, à laquelle plusieurs appliquent le nom de vallée de la plaine, ou vallée royale (Genèse 14.17). Mais n'est-il pas plus probable que le prophète a formé lui-même le nom de vallée de Josaphat, en faisant allusion à la vallée dans laquelle avait été détruite par l'Eternel l'armée des peuples du midi qui, au temps de Josaphat, avaient fait irruption dans le pays (2Chroniques 20.16-17), et qui avait reçu dès lors le nom de vallée (émek) de la bénédiction, à cause des cantiques de louange qu'avait fait retentir là le peuple si miraculeusement délivré (versets 22 et 26). Le prophète change ici le nom de vallée de bénédiction en celui de vallée de Josaphat, non seulement en souvenir de ce qui s'était passé sous ce roi, mais aussi par allusion au sens de son nom : l'Eternel juge. C'est ainsi qu'il crée lui-même au verset 14 le nom de vallée de la décision.
La situation de la vallée de la bénédiction (beraca) est sans doute indiquée par le nom de la ruine de Bereikout, qui se trouve aujourd'hui à l'ouest du village de Tékoa, à deux lieues au sud de Bethléhem. Et comme le nom de vallée de Josaphat n'a pour le prophète qu'un sens typique, il est probable que la localité désignée n'est qu'un symbole du théâtre de la dernière défaite du monde païen en lutte avec le peuple de Dieu. Comparez l'emploi semblable du mot Armagueddon (montagne de Méguiddo), Apocalypse 16.16. C'est probablement notre passage qui a fait donner à la vallée du Cédron le nom de Josaphat.
Mon peuple dispersé. Cette dispersion n'avait eu lieu que dans une faible mesure dans les agressions précédentes. Les expressions de Joël font prévoir une dispersion de tout le peuple et une conquête du pays bien plus complète dans l'avenir.
Mon peuple, mon pays. C'est contre l'Eternel lui-même que péchent ces païens ; c'est pourquoi c'est lui qui les juge. Comparez Jérémie 12.14.