Chapitre 7 à 9.6 : La prophétie d'Emmanuel
Au livre de la menace (chapitres 2 à 5) succède le livre de la promesse (chapitre 7 à 12). Emmanuel, annoncé dès le chapitre 7, est le centre et le lien de toute la prophétie chapitres 8 à 12, qui se compose de trois parties :
- Emmanuel, le gage du salut pour le peuple de Dieu, 7.1-9.6
- le jugement qui va atteindre Samarie et le royaume d'Ephraïm, 9.7-10.4
- la délivrance du reste d'Israël par la ruine de l'Assyrie ; le règne du Messie et le cantique des rachetés, 10.5-12.6
La prophétie 7.1-9.6 comprend deux sections, qui s'ouvrent chacune par un morceau historique (7.1-9 ; 8.1-4). Dans la première (chapitre 7), Esaïe, accompagné de son fils, vient raffermir le courage chancelant d'Achaz, attaqué par les rois de Syrie et d'Ephraïm (7.1-9). Achaz refuse le gage de la protection divine qui lui est offert par le prophète. Celui-ci donne alors lui-même un signe de la part de Dieu : la naissance d'Emmanuel. Cet enfant est pour l'Israël fidèle la garantie du salut. Mais l'incrédulité d'Achaz attirera sur lui et sur son peuple des calamités terribles (versets 10 à 25).
Dans la deuxième section (8.1-9.6), la défaite prochaine de la Syrie et d'Ephraïm par les Assyriens est d'abord annoncée par deux signes (8.1-4), : puis Juda lui-même est menacé de l'invasion assyrienne et d'un temps d'épouvantable calamité (versets 5 à 22) ; enfin le prophète montre dans l'enfant promis 7.14 le libérateur du peuple, le vainqueur des païens, l'auteur pour Israël d'une paix et d'une prospérité éternelles (8.23-9.6).
1 à 25 Esaïe et Achaz ; prophétie de la naissance d'Emmanuel.
Comparez 2Rois 16.5. Ce verset nous transporte aux premières années du règne d'Achaz (742-740 avant J-C). Un aventurier, Pékach, fils de Rémalia, s'était emparé du trône de Samarie. Allié avec Retsin, roi de Syrie, qui paraît avoir joué dans cette expédition le rôle principal, il déclara la guerre à Jotham (2Rois 15.37), puis à Achaz. La scène rapportée Esaïe chapitre 7 ne peut avoir eu lieu qu'après la double défaite de l'armée d'Achaz par les Syriens et les Ephraïmites (2Chroniques 27.5-6). C'est ce qui ressort, d'un côté, du profond découragement qui s'empare de lui et de son peuple (Esaïe 7.2), de l'autre, du fait qu'Esaïe ne dit pas un mot de ces désastres et annonce au contraire la prochaine et heureuse issue de la guerre (versets 4 à 7, et 16). La situation indiquée au verset 1 est donc selon nous celle-ci : Pendant que les Philistins et les Edomites envahissaient au sud le territoire de Juda (2Chroniques 23.17-18), Retsin, qui venait, par un heureux coup de main, de prendre Elath, réunissait son armée avec celle de Pékach pour attaquer Jérusalem par le nord (2Rois 16.6 ; Esaïe 7.2). Notre verset indique par anticipation l'insuccès de leur entreprise. Jérusalem fut bien assiégée, mais le siège dut être levé, à cause de l'approche de Tiglath-Piléser, appelé par Achaz (2Rois 16.5,7-9).