17 à 25 La nouvelle création.
Les derniers mots du verset 16 annoncent l'ouverture d'une ère nouvelle, dans laquelle toutes les peines des élus seront oubliées. Cette idée est reprise et développée dans la description des temps messianiques, versets 17 à 25. A plus d'une reprise, Esaïe avait parlé déjà de la destruction du monde actuel (24.19-20 ; 34.4 ;51.6) ; 51.16, il avait promis expressément une création nouvelle. Le tableau qu'il trace ici de cette dernière rappelle celui du règne messianique, chapitre 11. Deux extrêmes doivent être évités dans l'interprétation de ces descriptions de l'avenir : l'un consiste à les prendre grossièrement à la lettre, l'autre à les spiritualiser sans mesure ou à n'y voir que le développement poétique d'une idée morale. Une heure viendra certainement où le règne de Dieu, après s'être établi dans l'humanité, éclatera au dehors dans les splendeurs d'une nature renouvelée. L'une des idées fondamentales de toute la Bible et de la prophétie d'Esaïe en particulier, aussi bien dans sa seconde que dans sa première partie, c'est qu'entre la nature et l'homme, son chef, il y a une harmonie profonde (voyez par exemple 43.20 ; 44.23, notes). L'homme une fois revenu à la sainteté, la nature devra donc être renouvelée et glorifiée avec lui. Le Nouveau Testament et l'Ancien l'affirment également. Seulement, une remarque importante, faite à l'occasion du chapitre 60, trouve ici une nouvelle application. Les prophètes de l'Ancien Testament, voyant les choses de loin, ne distinguent pas encore les temps et les moments. L'avenir dans sa totalité se présente à eux sous la forme d'un tableau unique, et ce tableau a la terre pour cadre. Le Nouveau T'estament, au contraire, distingue des degrés successifs dans l'avenir promis. Il annonce, d'une part, une époque où le règne de Dieu sera établi sur la terre, et le mal contenu, quoique non totalement supprimé, car au terme de ce règne de mille ans aura lieu une dernière explosion des forces sataniques, suivie du jugement universel (Apocalypse, chapitre 20) ; et il dépeint d'autre part, la Jérusalem céleste, qui s'ouvrira pour les élus à la suite d'une nouvelle création (Apocalypse chapitres 21 et 22). Quelques traits dans la prophétie d'Esaïe font pressentir un état de perfection qui dépasse les limites de toute existence terrestre (en particulier l'abolition de la mort 25.8). Mais ce sont là des lueurs isolées. Dans les tableaux qui remplissent les derniers chapitres, il n'est pas question d'une Jérusalem céleste, distincte de la Jérusalem terrestre restaurée ; le règne de mille ans et la nouvelle création se confondent. C'est la terre qui est le séjour des élus. Sans doute, les conditions de la vie présente sont changées : l'humanité connaît Dieu et peut voir de quel bonheur et de quelle paix elle eût joui en demeurant dans l'obéissance ; la nature est à l'unisson du monde moral (65.17-25 ; 11.1-9) ; mais le péché et la mort, bien que restreints dans leur action, existent encore (65.20). Ce n'est pas encore la nouvelle création au sens absolu du mot, la vie éternelle. Le tableau tracé par Esaïe se rapporte donc, avant tout, à cette époque de restauration de la vie terrestre qui sera le couronnement de l'histoire et la transition entre la terre et le ciel : le règne de mille ans.
Les choses passées : la création ancienne avec les misères dont elle a été le théâtre (verset 16, fin). Les joies de leur nouvelle existence ne laisseront place dans le cur des élus ni à un regret ni même à un souvenir de ce passé. Comparez Jérémie 3.16.