Je les ai enivrés : la même idée sous une autre image. Dieu leur a donné à boire une coupe remplie de sa colère (voir 51.21-23).
Leur sang. Nous sommes forcés de rendre ainsi le terme employé par le prophète, le même par lequel il a désigné, au verset 3, le jus du raisin.
Quand et comment s'est accomplie la prophétie de la ruine d'Edom ? Voici ce que histoire nous apprend à cet égard. Edom eut à subir, aussi bien que la Palestine, l'invasion des Chaldéens (Jérémie 27.3 et suivants ; Jérémie 49.7 et suivants). Mais Nébucadnetsar ne fit pas encore disparaître l'Etat et le peuple iduméens. Plus tard, Malachie 1.3-4 fait allusion à une dévastation nouvelle dont le pays d'Edom ne s'était pas encore relevé de son temps ; nous ignorons qui en fut l'auteur. Nous savons que, plus tard encore, vers 300 avant J-C, les Nabatéens (voir 60.7, note) s'emparèrent de l'Idumée proprement dite et de sa capitale, Pétra ; il ne resta dès lors aux Edomites que le midi de Juda qu'ils avaient précédemment conquis (voir au verset 1). Leur hostilité persévérante contre Israël rétabli aboutit enfin, à l'époque des Maccabées, à leur complet assujettissement. Le prince Jean Hyrcan (vers 426 avant J-C) les incorpora à la nation juive et leur imposa la circoncision (Josèphe, Antiquités 13.9,1). Dès lors Edom n'a plus existé comme peuple ; ses restes, soumis à Israël, ont partagé le sort que les Romains ont fait subir à ce dernier. Le nom même d'Edom a disparu de l'histoire depuis l'époque de la guerre romaine.