La gloire de la nouvelle Jérusalem
Ce chapitre est le tableau le plus complet et le plus brillant que notre prophète ait tracé de la gloire finale de Jérusalem. C'est comme la réponse aux plaintes échappées à Israël dans le morceau précédent ; tout ce qu'il déplorait de ne pas avoir reçu, il le possède maintenant : la lumière ; la justice et la paix ; l'abondance de tous les biens ; le salut tout proche ; la venue du Dieu-Rédempteur (comparez versets 1, 2, 5, 16, 17, 18 avec 59.4-8,9-11,20). Mais ce salut n'est pas pour Israël seulement, il est pour le monde, tous les peuples viendront en Sion se convertir à l'Eternel et lui consacrer leurs richesses ; elle sera le centre du royaume de Dieu et la résidence de Jéhova sur la terre ; et elle jouira d'une gloire et d'une sainteté dont rien ne pourra ternir l'éclat.
Il est impossible de discerner sûrement ce qui, dans ce tableau, est simple figure, et ce qui doit être pris à la lettre. Il est certain que le royaume de Dieu devait s'établir d'abord dans le monde sous une forme purement spirituelle (par la prédication de l'Evangile) ; mais il ne l'est pas moins que ce règne est destiné à s'épanouir un jour dans une gloire extérieure dont nous ne pouvons nous faire une idée bien exacte (le règne de mille ans, puis la nouvelle création). Le relèvement de Jérusalem et du peuple juif, après la captivité de Babylone, n'est évidemment qu'un premier et faible commencement et ne nous offre qu'un type très imparfait de cette, restauration finale ; l'établissement de l'Eglise et la christianisation progressive de l'humanité nous en rapprochent bien davantage ; cette uvre, qui a pour point de départ la première venue du Christ, aboutira à la grande transformation dont son retour en gloire sera le signal. Tout cela est compris dans le tableau de l'avenir, tracé par Esaïe. Mais les diverses phases que nous venons d'indiquer n'y sont pas clairement distinguées. Esaïe, comme les prophètes en général, a devant les yeux le jour du Seigneur, dans lequel se confondent le jour de sa venue comme Sauveur et celui de sa venue comme Juge. Comparez Malachie 3.1-3 ; 4.1-3. C'est ainsi que le contemple encore Jean-Baptiste (Matthieu 3.11-12). Pour nous, qui vivons dans l'intervalle qui sépare les deux venues du Christ, ces deux phases de l'uvre divine sont nettement séparées.
Le chapitre 60 se divise en quatre strophes :
- Jérusalem, illuminée par l'apparition de Jéhova, attire à sa lumière tous les peuples, versets 1 à 3
- Les nations viennent à elle avec leurs richesses et lui ramènent ses enfants dispersés, versets 4 à 9
- Les païens bâtissent eux-mêmes et ornent magnifiquernent Jérusalem, versets 10 à 16
- Le prophète décrit la sainteté et la splendeur de Sion ainsi restaurée, versets 17 à 22.
1 à 3 Sion attire les nations à sa lumière.
Lève-toi... Jérusalem est assise dans les ténèbres comme une captive en deuil (52.1-2 ; comparez 47.1,5 ; 3.26). Soudain, la lumière jaillit, le salut paraît : c'est l'apparition de Jéhova lui-même en Sion (59.20 ; 52.8). Il se lève sur elle comme un soleil éternel (versets 19 et 20 ; comparez 9.1, et l'expression l'Orient d'en-haut, Luc 1.78). Toute resplendissante de cette lumière, Sion devient un phare vers lequel se dirigent tous les peuples, plongés jusqu'alors dans l'obscurité (verset 2) ; elle est désormais le foyer de la révélation divine ; les enfants de Dieu, dispersés dans toutes les nations (Jean 11.52), se rassemblent autour d'elle ; la vision 2.2-5 est accomplie. Jérusalem est représentée ici comme une mère privée de ses enfants, mais qui va les recouvrer.
Comme nous venons de le dire, c'est spirituellement que se réalise d'abord cette prophétie. Jéhova apparaît en Sion en la personne du Christ, et de Jérusalem sort, avec les apôtres, la lumière qui éclaire les nations (Luc 2.30-32 ; Jean 4.22).
S'est levée sur toi. La gloire de Dieu, qui planait autrefois sur le sanctuaire, illumine maintenant la communauté tout entière. Même intuition 4.5-6.