Les séraphins sont divisés en deux churs qui s'entre-répondent. Esaïe conserva toute sa vie une impression ineffaçable de la sainteté divine, proclamée dans leur cantique ; et cette expérience explique pourquoi cette sainteté forme l'idée centrale de sa prophétie (1.4, note, et introduction). Le mot saint signifie proprement séparé, mis à part. Appliqué à Dieu, il exprime son absolue majesté qui le sépare de toute créature, sa dignité souveraine, sa perfection inaltérable. Appliqué aux créatures, il désigne les êtres ou les objets mis à part pour un but religieux, c'est-à-dire consacrés ; saint est opposé à ordinaire ou profane plutôt encore qu'à souillé. Mais l'idée de la bonté morale, de la parfaite pureté, de l'éloignement de toute souillure, que nous exprimons par le mot saint, découle naturellement du sens primitif : séparé. Dans le cantique des séraphins, l'idée qui domine est, sans doute, celle de la grandeur souveraine de Dieu. La triple répétition du mot saint, dans laquelle on a vu, à tort, une allusion au mystère de la Trinité, est destinée à exprimer, mieux que ne le ferait la simple affirmation, le caractère absolu de cet attribut divin ; trois est le symbole de la plénitude, de la perfection.
La gloire de Dieu est le rayonnement extérieur et visible de ses perfections ; elle remplit toute la terre, parce que tout ici-bas, même l'être le plus infime, la manifeste (Romains 1.20-21).